Le Château de Brix


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Brix

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Cotentin

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Robert Bruce

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Quelques vieux pans de murs délabrés, soumis aux caprices du temps, les ruines d’un escalier à vis et l’entrée d’un souterrain, aujourd’hui comblé, dissimulés sous l’épaisse frondaison de la forêt de Brix sont les ultimes témoins de ce qui fut jadis une des plus impressionnantes places fortes de Normandie.

Dans les Pas de Robert Bruce, roi d’Ecosse

Cette forteresse bâtie sous les ducs de Normandie, rois d’Angleterre, doit son nom à un seigneur de Brix prénommé Adam. Plusieurs de ces seigneurs, d’origine normande, se nommaient ainsi ; le plus remarquable d’entre eux étant sans conteste le fameux Robert Bruce , dont la mémoire est encore en vénération parmi les Ecossais qui conservent un reste de l’ancien esprit national. Robert Bruce, septième Lord d’Annandale, couronné roi des Ecossais le 25 mars 1306 sous le nom de Robert Ier d’Ecosse, qui mourut en 1329, vit dans sa jeunesse l’Ecosse réduite à l’état le plus triste et le plus abject, subjuguée par Edouard Ier d’Angleterre : il vit périr par le glaive du vainqueur une partie de sa famille. Il sut en peu de temps tirer une vengeance éclatante des horreurs dont son pays avait été le théâtre ; faire éprouver aux Anglais des défaites sanglantes, délivrer sa patrie et la laisser, en mourant, au plus haut degré de gloire qu’elle n’eût jamais acquis.

Tous les généalogistes anglais conviennent que Robert de Bruis, Bruce ou Brus, premier du nom, vint de Normandie en Angleterre avec Guillaume le Conquérant, qui, après la bataille de Hastings, l’envoya soumettre le nord de l’Angleterre, et qu’il lui donna près de cent seigneuries dans les comtés d’York et de Durham. Skelton, dans le nord du Yorkshire, fut le chef-lieu de sa baronnie. Son fils s’appelait comme lui Robert, et son petit-fils Adam : celui-ci, né d’un premier mariage avec Agnès, fille de Fouques Laynel, hérita des biens d’Angleterre et de Normandie. Il combattit vaillamment contre les Ecossais à la bataille de Northallerton, en 1133. Il mourut en 1162, laissant pour successeur un fils, prénommé Adam, qui mourut en 1185. Ce n’est pas uniquement dans les baronnages d’Angleterre qu’on doit chercher les noms de ces Adam de Brus. Les cartulaires de quelques abbayes du Cotentin rapportent qu’ils résidaient aussi bien dans leur château de Brix qu’en Angleterre.

Description et Histoire du Château d’Adam Bruce

L’emplacement du château d’Adam était magnifique : de l’autre côté du Bois Madame, s’élève vers l’est un large monticule aride, hérissé seulement de roches, de pins et de bruyères. Au fond du ravin, coule paisiblement une petite rivière. Vers le sud, l’horizon s’élargit tout à coup et découvre les hauteurs de Besneville et de nombreux clochers. Le château avait donc une défense naturelle de ce côté, mais à l’ouest, du côté de l’église, il en était tout autrement. Le terrain est à peu près uni, aussi y avait-on construit beaucoup de retranchements. On y remarque encore la place d’un large fossé, au bas du « Clos de l’Ecole » et vers les « Câtiaux ». Le château était en outre protégé par un mur d’enceinte qui passait par l’endroit encore appelé, pour ce motif, le « Haut Mur », et par le « Bois des bosses ». Dans l’intérieur de ce mur d’enceinte étaient la Bailliverie et l’église. Le château d’Adam, au dire de M. de Gerville, formait une forteresse imposante, et il en classe les ruines au nombre des antiquités romanes du douzième siècle.

Bien que ce château, bâti au XIIe. siècle, ait été démoli au début du siècle suivant par ordre de Saint-Louis, il en restait encore de nombreux débris, trois siècles plus tard, qui furent employés à la construction de l’église actuelle. En suivant les traces de la maçonnerie de cette forteresse, on voit encore la motte sur laquelle s’élevait le donjon, et là se trouvent encore quelques vieux pans de murs construits avec des pierres de petit appareil, et comme noyés dans un amas de ciment extrêmement dur. Ces quelques ruines, entassées les unes sur les autres, sont recouverts d’une haute couche d’humus sur laquelle croissent, au milieu des ronces et des épines et à l’ombre de vigoureux arbustes, des fougères d’une très grande rareté. Vers le sud, cependant elles présentent une ouverture qui permet de pénétrer dans une grotte peu profonde dont la voûte est parsemée de stalactites. Non loin de là se trouve l’entrée de deux souterrains voûtés dont on ignore le point d’arrivée.

Le château d’Adam, a été confisqué au début du XIIIe. siècle ; ceci explique la raison pour laquelle il n’en est pas fait mention dans les registres des fiefs de Normandie qui devaient le service militaire à Philippe-Auguste. La raison de cette confiscation fut sans doute la même que celle de la plupart des châteaux de Normandie : les seigneurs normands qui possédaient des domaines en Normandie et en Angleterre furent forcés d’opter entre les deux pays. Les seigneurs de Brix n’hésitèrent pas à donner leur préférence à l’Angleterre, où ils étaient infiniment plus riches qu’en France.

Durant le court espace de son existence, on ne peut guère s’attendre à ce que cette forteresse ait soutenu des sièges. Pendant son long règne, Henri II fut paisible possesseur de notre pays. Aucune guerre n’y amena Richard Cœur de Lion : nous voyons seulement qu’il y vint s’embarquer ou descendre à Barfleur. En 1194, il y débarqua avec une flotte de cent vaisseaux chargés de troupes destinées à secourir Verneuil. Un historien contemporain rapporte qu’il vint coucher à Brix, sans doute au château d’Adam, le 12 mai de cette même année. Jean Sans Terre régna si peu de temps sur la Normandie que l’on ne peut s’attendre à des détails sur nos châteaux pendant le court espace de sa domination. Dans son article sur Brix, M. Renaud mentionne cependant que Jean Sans Terre était à Brix le 21 décembre 1200. Les Etudes géographiques et historiques sur le département de la Manche indiquent, quant à elles, que Jean Sans Terre vint au château d’Adam en 1203.

Puissants, d’un rang élevé dans la hiérarchie sociale de l’époque, les seigneurs de Bruis avaient droit de séance à l’échiquier de Normandie, parmi les premiers de la province. Les anciennes armes de ces seigneurs étaient d’argent au lion rampant de gueule. Les armes que portent ou écartèlent aujourd’hui les Bruce sont celles d’Annandale .


Anciens Châteaux de l’Arrondissement de Valognes
Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie - 1824



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