Le Melon Sucrin de Honfleur


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melon de Honfleur
Melon Sucrin de Honfleur - Illustration Monographie complète du Melon par M. Jacquin Aîné - 1832

Cette ancienne variété de melon de pleine terre, autrefois cultivée dans le Pays d’Auge, aux abords de Honfleur, de Lisieux et d’Orbec en Auge, de forme allongée, à grosse broderie et à côtes peu saillantes, pouvant peser jusqu’à trente, voire quarante livres, a été introduite en Normandie au cours du 17ème siècle. Apprécié pour sa chair blanche, parfumée, sucrée et fondante, sa production annuelle avoisine les 120 000 unités à l’apogée de sa renommée vers 1823. Success story d’un quart de siècle, le sucrin de Honfleur, dont une partie de la récolte est alors exportée vers Angleterre, est également commercialisé sur les marchés de Caen, de Rouen, du Havre et de Paris. A la fin du 19ème siècle, la culture du melon de Honfleur, concurrencée par celle du Cantaloup , tend peu à peu à disparaître. Si nul ne sait depuis ce qu’il est devenu, des écrits contemporains nous permettent cependant de nous faire une idée relativement précise de son apparence, de ses qualités gustatives et de son mode de culture.

Quelques cultivateurs des départements de l’ouest ont essayé de cultiver le melon en pleine terre, et plusieurs ont bien réussi : c’est principalement aux environs de Honfleur qu’on a obtenu les plus grands succès ; on peut en juger par les beaux fruits qu’on porte à Paris tous les ans. Je passais au Palais-Royal, il y a deux ans, et je vis sur un melon de Honfleur ces mots : Je pèse 36 livres, et je vaux 36 francs. Je dinai chez M. Vilmorin la même année ; il y avait sur la table deux melons de Honfleur qu’il avait fait venir pour en tirer la graine et s’assurer de l’espèce : ils pesaient chacun environ 30 livres.
Cet estimable cultivateur, digne élève d’un père qui a rendu de grands services à l’agriculture, jaloux de soutenir la réputation d’un nom dont il est héritier, ne ménage ni la dépense ni les soins pour parvenir au but qu’il s’est proposé, c’est à dire pour avoir le meilleur assortiment de graines et de plantes de Paris.

Il est bon de connaître la méthode des cultivateurs de Honfleur, qui obtiennent de si beaux fruits, et qui attribuent leurs succès en partie aux pluies et aux vapeurs qui leur viennent directement de la mer. Voici l’extrait d’une lettre d’un amateur de Honfleur, inséré dans l’ouvrage de M. Calvel sur les melons, un des meilleurs traités sur la culture de cette plante.

« On choisit un terrain bien abrité, exposé au soleil du matin jusqu’au soir, et dont la couche de terre soit substantielle et profonde. A défaut d’abris naturels on en fait d’artificiels. A la fin mars, on creuse des fosses de 66 à 75 centimètres en tous sens (2 pieds à 2 pieds six pouces), distantes entre elles de 2 mètres et demi (7 pieds et demi). On les remplit de fumier long bien tassé, ou de 24 centimètres (9 pouces) de bonne terre bien substantielle, mêlée avec un peu de crottin émietté, du sable et du terreau des trous de l’année précédente.
Vingt jours après, ou plus tôt si la saison le permet, on couvre ces trous avec des cloches à carreaux réunis avec du plomb laminé pour favoriser la fermentation. Lorsque la chaleur s’élève de 36 à 40 degrés au baromètre de Réaumur, on met sous la cloche plusieurs graines à la distance de 10 centimètres (4 pouces).
Quand les plantes ont trois ou quatre feuilles, on choisit les deux pieds les plus vigoureux et on détruit les autres. On pince l’extrémité de ces plantes pour arrêter la pousse directe. Il en part des branches qu’on pince aussi à dix pouces, et on suit la même marche pour les nouvelles branches.
On conserve les cloches sur les plantes jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus les contenir. Si le temps n’est pas chaud, principalement la nuit, et qu’il soit pluvieux, on les couvre de paillassons. On sarcle et on bine au besoin. Lorsque les plantes s’étendent, on enlève les cloches, qu’on soutient par des supports et qu’on couvre de paillassons dès que la saison est froide et pluvieuse. On ne laisse que deux ou trois fruits et on détruit les branches stériles à mesure qu’il s’en forme ; on place une tuile sous chaque fruit ; enfin on récolte les fruits, qui ont été environ deux mois pour parvenir à leur maturité. Ce temps est relatif à la chaleur plus ou moins grande, et au volume du melon. Si on désire les manger sur les lieux, on les cueille quelques heures auparavant pour les rafraîchir ; mais si on les expédie au loin, il faut les cueillir trois ou quatre jours avant leur maturité. »


Extrait du Dictionnaire Raisonné et Universel d’Agriculture - 1822.



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