La Cité Antique de Vieux-la-Romaine


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Archéologie

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Arcisse de Caumont

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Période Antique

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Vieux

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Vieux la Romaine
La Villa au grand péristyle de Vieux-la-Romaine © JCG

Vieux-la-Romaine ou l’histoire captivante d’une ancienne cité gallo-romaine, redécouverte bien avant Pompéi, dont de nombreux vestiges sommeillent encore de nos jours sous quelques centimètres de terre sous le village, et aux abords, de la commune de Vieux située dans le département du Calvados.

Aregenua, l’ancienne capitale des Viducasses fondée au 1er siècle avant J.-C, située au carrefour de voies antiques reliant Bretteville-l’Orgueilleuse à Jort, a connu son apogée aux IIè. et IIIe. siècles de notre ère. Abandonnée par ses habitants au cours du Haut Moyen Âge, l’antique Aregenua, tombée dans l’oubli, réapparaît au milieu du 16ème siècle.

Vieux renferme de nombreuses constructions gallo-romaines, on y a fait des découvertes qui prouvent d’une manière incontestable l’existence d’un établissement gallo-romain en ce lieu. Damville a pensé que ce devait être l’Aregenus de la carte de Peutinger. [...] La découverte la plus importante qui a été faite à Vieux est celle du piédestal en marbre, connu sous le nom de marbre de Torigny, parce qu’il avait été transporté au château des Matignon, seigneurs de Torigny. Il paraît que ce monument d’une haute importance pour l’histoire, du pays fut découvert, à Vieux, dans la seconde moitié du XVIe. siècle - en 1580, selon l’opinion commune- et transporté peu de temps à Torigny, par les ordres du maréchal de Matignon, après la mort duquel il fut oublié et négligé. Retrouvé en 1670 dans des masures qu’on achevait de démolir pour fonder un bâtiment destiné au logement des domestiques, il resta longtemps gisant près du bâtiment ; transporté plus tard dans l’orangerie du château, il resta après l’incendie qui consuma cette orangerie en 1712 exposé aux injures du temps et peu après en 1726 à celles des couvreurs qui, pendant longtemps, taillèrent leurs ardoises dessus. Transporté enfin par les soins du duc de Valentinois dans le salon du parterre du château, on l’y voyait encore avant la révolution. Il a depuis (en 1814) été recueilli et transporté à St-Lô par les soins de M. Clément, maire de ce chef-lieu, qui se propose de le placer dans le vestibule de l’Hôtel-de-Ville qu’on doit y construire .

M. Foucault, intendant de Caen, fit pratiquer à Vieux des fouilles dont les résultats ont malheureusement été perdus. Il est fâcheux que M. Foucault qui avait fait faire un plan en relief des constructions découvertes à Vieux, ne l’ait pas publié. Nous savons cependant en quoi elles consistèrent d’après les notes de M. l’abbé Blin, alors secrétaire de l’Académie de Caen.

« J’étais, dit-il, avec M. Foucault, intendant de Caen, lorsque l’ancien seigneur de Vieux vint lui donner avis qu’on avait trouvé, dans cette dernière paroisse, deux pierres avec des inscriptions ; que des maçons en avaient pris une partie pour servir à des réparations et en avaient gâté l’inscription, que l’autre avait été laissée et recouverte de terre. Il prit la résolution d’y aller le lendemain, et m’engagea à l’y accompagner. M. de Charsigné fut aussi de la partie. On chercha en vain la pierre en question, elle ne fut point trouvée ; on eut seulement quelques médailles, mais fort communes. Tandis qu’on travaillait inutilement à la découverte de la pierre, un laboureur me dit que, dans sa pièce de terre, il emportait souvent avec la charrue de belles briques dont quelques unes étaient peintes en feuillages. J’en avertis M. Foucault, et lui conseillait de prendre une partie des travailleurs pour voir dans ce champ quelles pouvaient être ces briques. Nous y allâmes, et en entrant, j’aperçus une éminence où il s’était élevé un buisson d’épines et de ronces ; j’y trouvais beaucoup de ces briques peintes de feuilles d’acanthe, et ayant poussé ma canne dans un trou que j’aperçus en remuant ces briques, je sentis que j’avais la liberté de l’enfoncer et de la tourner dans ce trou sans résistance. Je fis venir M. Foucault qui jugea comme moi qu’il fallait commencer nos fouilles dans cet endroit. Les paysans ne furent pas longtemps à travailler sans découvrir un mur de 4 pieds et demi d’épaisseur ; nous en fîmes découvrir près de 20 pieds de long et creuser 3 pieds de profondeur ; il se trouva un angle qui était de neuf pieds : tout cela était recrépi, en dedans et en dehors, fort bien et fort proprement. Je fis remarquer cela à M. Foucault qui avait cru d’abord que c’étaient des fondements, et je lui dis que ce reste d’élévation de bâtiment irait jusqu’au niveau d’un ruisseau qui coulait au bas du champ. Il en convint ; mais comme l’heure de partir nous pressait, on ne put rien faire de plus. M. Foucault chargea une personne d’y mettre le plus d’ouvriers qu’il serait possible d’y faire travailler jusqu’à la huitaine où il devait y retourner. Nous n’y manquâmes pas ; on avait découvert et creusé jusqu’au fond, et nous vîmes un bassin d’environ 12 pieds de diamètre, entouré de trois rangs de sièges et de quatre ou cinq marches qui était près d’une entrée pour y descendre. Le fond était fort uni et d’un mortier de chaux de marbre blanc dont on voyait encore des morceaux. Il était si dur qu’on eut beaucoup de peine, avec une pince, à faire un trou pour voir la base : elle était de pierres mise sur le côté et pressées sur du sable sur lequel il y avait encore un pareil mortier, et entre ces pierres il y avait des tuyaux de briques. Ce qui nous avait paru un angle dans cette muraille était une étuve voûtée où nous trouvâmes encore le fourneau tout noirci de la fumée, et dans une petite fenêtre, plusieurs petits instruments d’ivoire, que nous jugeâmes n’avoir pu servir qu’à nettoyer les ongles de ceux qui venaient se baigner.
La terre avait recouvert les débris de ce grand bâtiment, et, lorsqu’on l’eut tirée, on vit de belles parties de voûtes renversées, dans lesquelles on avait renfermé des tuyaux de briques. Le mortier était si bien lié avec les pierres qu’on les cassait plutôt que de pouvoir les séparer. Les murs étaient faits d’un lit de belles briques d’un pied en carré, de l’épaisseur de 3 pouces, rouges comme du corail, et d’un lit de pierres taillées d’un même échantillon, en carré long, de 6 pouces d’épaisseur, et le tout était ainsi par lits, les uns sur les autres, de pierres blanches et de briques. L’ordre fut donné de continuer l’ouvrage et d’augmenter autant qu’on pourrait le nombre des ouvriers. Nous y retournâmes huit jours après, on avait découvert un second bassin, mais sans étuve, et la communication d’un aqueduc qui s’étendait en longueur sous le village, pour aller trouver une fontaine qui subsiste encore.
On creusa encore jusqu’au fond une grande pièce très-longue et très-large, comme une salle, qui était apparemment le lieu des exercices ou l’endroit que les Romains appelaient gymnasium ; on y un trouva une partie de colonne sans base ni corniche ; on trouva aussi une fort belle tête en pierre représentant une femme, le reste de la statue était brisée ; la femme était voilée et tenait une coupe dans sa main droite, comme pour faire des libations. »


Statistique Monumentale du Calvados - 1846
Arcisse de Caumont.

Visite virtuelle en 3D des 3 sites-clés de Vieux-la-Romaine : http://visites-virtuelles.vieuxlaromaine.fr

Vieux la Romaine
Modélisation en 3D de La villa au grand péristyle
Vieux la Romaine
Colonnades de la galerie de façade © Jean-Claude Girard
Vieux la Romaine
Colonne ciselée de motifs végétaux © Jean-Claude Girard
Vieux la Romaine
Un des deux puits de la villa antique © Jean-Claude Girard
Vieux la Romaine
Sculpture de bas-relief © Jean-Claude Girard
Vieux la Romaine
Mosaïque polychrome de la Salle de réception © Jean-Claude Girard
Vieux la Romaine
L’hypocauste (chambre de chauffe) et pilettes de la villa antique © JCG
Vieux la Romaine
Le grand péristyle © Jean-Claude Girard
Vieux la Romaine
L’impluvium de la villa au grand péristyle © Jean-Claude Girard




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