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La Cathédrale Notre-Dame de Coutances

Extrait des Cathédrales de France - M. L’Abbé J-J Bourassé - 1843
Crédit Photos : Jean-Claude Girard & Pascal Villeroy
Reproduction interdite.
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Tags : Coutances |

La cathédrale de Coutances est un des plus grands et des plus nobles édifices de la France. L’étendue des proportions, la régularité de l’ensemble, l’unité de l’œuvre, l’harmonie des détails, la distinction de la forme, la magnificence du dôme intérieur, l’élancement des deux flèches du portail la placent incontestablement au rang des plus merveilleuses productions de l’art religieux du moyen âge.

Plan de la cathédrale Notre-Dame de Coutances par Eugène Viollet le Duc - 1856.

En étudiant soigneusement chacune des parties qui composent ce tout admirable, on est surpris autant de la grâce et de l’élégance qui semblent les relever que de la hardiesse et de la force qui les caractérisent. Les monuments chrétiens se montrent partout en Normandie comme un produit naturel du sol, et dans cette splendide végétation, Notre-Dame de Coutances se trouve au milieu des fleurs les plus riches et les plus parfumées ! Les antiquaires qui préfèrent les formes graves et robustes placeront la cathédrale de Coutances sur la première ligne et laisseront derrière elle des édifices d’une renommée plus populaire ; la disposition extérieure des principaux membres de l’architecture ogivale offre en effet ici la plus belle simplicité dans les lignes et le plus heureux accord entre les jours et les pleins. L’aspect général de l’intérieur produit une impression profonde. La perspective du chevet et des chapelles absidales est vraiment ravissante. En avançant dans la basilique, l’esprit est frappé des beautés du plan, de la richesse de la décoration, richesse véritable, qui ne consiste pas dans la profusion des moulures, mais dans la grandeur et la noblesse des ornements ; il contemple avec bonheur ces voûtes élevées, ces gerbes de colonnes gracieuses, ces chapiteaux à feuillages, ces fenêtres à lancettes, ces chapelles des collatéraux, les plus belles qui existent ; enfin il s’extasie à la vue du dôme soutenu comme par enchantement au-dessus de l’entrecroisement des nefs et du transept.

Avant d’aborder la description plus détaillée des diverses parties de la cathédrale de Coutances, nous devons faire connaître une question très importante, élevée au sujet de sa fondation. La solution de ce problème intéresse au plus haut point tous les hommes versés dans l’étude de nos monuments religieux. M. de Gerville, et surtout M. l’abbé Delamarre, vicaire général de Coutances, prétendent que l’édifice actuel doit être rapporté dans son ensemble au milieu du onzième siècle, quoiqu’il montre dans sa construction tous les caractères attribués aux monuments du treizième. Ce fait, s’il était admis, serait inexplicable par son isolement même ; en outre il ruinerait les principes les mieux posés de la science archéologique. [...] M. de Caumont, se laissant guider avant tout par l’analogie, qui doit toujours être considérée comme étant d’une grande puissance dans l’appréciation des styles architectoniques, regarde la cathédrale de Coutances comme un édifice appartenant au douzième et au treizième siècle. Quoique complètement à ogives, cette église présente encore quelques traces de l’architecture de transition qui régnait dans la première moitié du treizième siècle. [...] Selon les notes d’un contemporain insérées dans le Livre noir de l’évêché de Coutances, espèce de compilation faite peu de temps après 1260, la cathédrale de Coutances aurait été commencée en 1030, les travaux auraient été conduits avec peu d’activité jusqu’à l’épiscopat de Geoffroy de Montbray, en 1040, par les soins duquel l’ouvrage aurait ensuite poussé avec tant de rapidité, qu’on aurait pu consacrer l’église en 1056, et qu’elle aurait été achevée bientôt après.

Voici les dimensions principales de la cathédrale de Coutances : longueur totale, soixante-quatorze mètres ; largeur des trois nefs, vingt mètres soixante centimètres ; hauteur des voûtes, vingt-six mètres soixante centimètres ; hauteur du dôme, soixante mètres ; hauteur des deux flèches, soixante-quatorze mètres.
Le plan de la cathédrale de Coutances est très régulier ; il est en forme de croix latine, avec transept et nefs déambulatoires. Les chapelles qui accompagnent l’abside sont peu prononcées ; elles n’offrent presque aucune profondeur, et sont éclairées par trois belles fenêtres à lancettes. Cette disposition, grave et sévère, est pleine de majesté ; les autels qu’on y trouve sont presque tous antiques ; ils remontent à diverses fondations établies dans le cours du moyen âge. Ils consistent en une simple table en pierre de Caen, appuyée sur quatre soutiens travaillés sans art. Depuis longtemps ces autels avaient été recouverts de planches ou de maçonnerie ; on ignorait absolument leur existence. M. l’abbé Delamarre, homme de goût irréprochable, les a fait débarrasser et les a rendus à leur forme primitive. Les antiquaires peuvent les étudier facilement et se convaincre à leur vue de la véritable signification de plusieurs textes singuliers que nous trouvons dans des titres de cette époque, qui parle des ornements nombreux employés à la décoration des autels accessoires.
La chapelle de la sainte Vierge, bâtie au quatorzième siècle, est établie dans des proportions très élégantes. Les détails de l’architecture, quoique fort curieux, contrastent cependant avec la décoration générale de l’édifice, traitée avec la noblesse sévère du treizième siècle ; les chapelles des collatéraux sont magnifiques. Nulle part ailleurs nous n’avons rencontré de formes aussi riches et aussi gracieuses. Elles communiquent les unes avec les autres par de larges ouvertures divisées par des meneaux surmontés de découpures rayonnantes, dans le genre des fenêtres du quatorzième siècle. Les murailles intérieures sont ornées de cintres, de colonnettes et de moulures architecturales qui produisent le meilleur effet. Quoique les autels soient construits dans un mauvais goût, ils ne cachent point cette décoration singulièrement grande et pittoresque. Toutes ces chapelles pourront reprendre facilement leur aspect primitif, sous l’influence de saines idées de restauration qui animent actuellement le clergé français. Nous avons remarqué des parties secondaires travaillées avec soin et délicatesse : des crédences, destinées à soutenir les vases remplis de vin et de l’eau nécessaires pour le sacrifice, sont chargées de sculptures variées et gracieuses. Les statuettes qui embellissent la chapelle de Saint François méritent l’attention des connaisseurs : rien ici n’a été négligé, et nous répétons que les chapelles des bas-côtés de la cathédrale de Coutances nous paraissent le chef-d’œuvre du genre.

Dans toute l’église, les colonnes et les colonnettes sont groupées avec art. Dans les collatéraux de l’abside, leur fût est cylindrique et isolé ; autour du rond-point du sanctuaire elles affectent un emplacement original : deux hautes colonnes posées l’une devant l’autre donnent à la perspective un caractère particulier. Cette disposition se présente rarement dans les édifices religieux. Les chapiteaux et les bases des colonnes élevées dans la partie supérieure du monument offrent les formes usitées au treizième siècle. Ce n’est pas seulement ressemblance, on pourrait dire que c’est image parfaite et presque identité ; les crochets recourbés sont exécutés avec une grande habileté et réunis sur deux rangs, comme les feuilles d’acanthe du chapiteau corinthien ; les bases sont composées de moulures toriques, d’un gros boudin écrasé et d’une gorge profondément creusée, comme on l’observe dans les constructions du temps. En comparant ce système à celui qui règne à Chartres, à Rouen, à Reims, à Amiens, à Tours, on demeure convaincu qu’il part des mêmes principes et qu’il doit reconnaître une même origine.
Dans toutes les parties de l’édifice, les arcades sont ogivales. Autour du chevet elles ont légèrement surélevées, ainsi que cela s’est pratiqué fréquemment dans d’autres monuments appartenant à la même période architectonique. Lorsqu’on voit une si complète et si admirable généralisation de l’ogive et des autres formes qui en sont un accompagnement indispensable, on devient de plus en plus incrédule aux prétentions de quelques antiquaires normands aux yeux desquels cet admirable travail serait du milieu du onzième siècle.
Les fenêtres son généralement étroites, élancées et d’une pureté de formes digne de tout éloge. Les fenêtres à lancettes simples et à lancettes géminées prédominent autour du chœur. Les ouvertures s’élargissent aux chapelles latérales de la nef qui, dans leur ensemble, ne datent que du quatorzième siècle. Elles reçoivent les formes les plus agréables et les plus riches. Les grandes fenêtres des transepts et de la façade n’ont pas été modifiées en roses ; elles gardent fidèlement la disposition la plus sévère. La splendide rose ogivale eût pu étaler avec orgueil les magnificences de sa corole dans un édifice si somptueux et si grandiose.
A l’extérieur de l’abside, dans les fenêtres de la nef déambulatoire, on remarque les fenêtres à lancettes géminées, surmontées d’un trèfle, réunies en plein cintre. Tout semble se réunir pour nous indiquer la fin du douzième siècle ou le commencement du treizième comme la date principale des travaux les plus importants de Notre-Dame de Coutances.

Les voûtes sont belles et bien bâties. Leur ossature est composée de nervures toriques. Elles forment un superbe pavillon au-dessus du maître-autel. Nous n’en dirons que ce seul mot, parce que notre attention est tout entière attirée par la coupole merveilleuse qui s’élève au centre de la nef, du chœur et des transepts. La tradition rapporte que le maréchal de Vauban, en passant par Coutances, fit placer un tapis sous le dôme, qu’il s’étendit dessus et resta plusieurs heures en contemplation devant ce chef-d’œuvre. Il est impossible de rien concevoir de plus gracieux, de plus aérien, de plus hardi, de plus prodigieux. Nous avions souvent regardé avec admiration le dôme de l’église des Invalides, à Paris, celui de l’ancienne église de sainte Geneviève, celui du Val-de-Grâce et plusieurs autres : notre esprit n’avait pu résister à un sentiment de surprise et de véritable émotion en voyant ces œuvres surprenantes, en analysant les patients efforts des hommes de génie qui les ont élevées. Mais, nous devons l’avouer, la coupole de Notre-Dame de Coutances nous a plus profondément impressionné que le dôme moderne, imité de l’antique. Il ya toujours quelque chose de lourd et de terrestre dans les créations du style classique ; dans le style chrétien, au contraire, la matière n’a plus ses lois de gravité, sa pesanteur et son opacité ; elle devient légère comme la pensée, transparente comme l’image du vrai. Des flots de lumière brillante se précipitent sous la voûte étoilée du centre, par d’innombrables fenêtres élancées. Chaque fenêtre est accompagnée de colonnettes effilées, dont les lignes parallèles produisent un effet difficile à dépeindre, tandis que leurs chapiteaux à belles volutes recourbées semblent s’unir pour former une guirlande de feuillages.

Deux rangées de galeries superposées ajoutent encore à la décoration des murailles intérieures. Tout ici concourt à la perfection de l’ensemble : une foule d’ornements de toute nature se montrent partout avec une richesse prodigue. Le jour puisé à des hauteurs immenses est versé sur les fidèles et sur les prêtes agenouillés au pied de l’autel, comme un reflet des clartés célestes et des ineffables splendeurs qui jaillissent du trône de l’Agneau.
Les galeries intérieures sont construites, autour du chœur, dans un style simple et pur. Ce sont de petites arcades trilobées, semblables à celles qui règnent autour de la chapelle de la sainte Vierge, à la cathédrale de Tours. Au bas de la galerie, une série de quatre-feuilles court autour du monument avec une grâce charmante. Nous en dirons autant des feuilles entablées sculptées sous les corniches intérieures.

L’extérieur de Notre-Dame de Coutances est partout d’une grande simplicité. On dirait que l’art a répandu tous ses trésors à l’intérieur et qu’il s’est trouvé épuisé pour l’ornementation du dehors. Cette sévérité est rehaussée cependant par le mouvement communiqué à la masse par les flèches élevées et par une armée de clochetons aigus rangés autour des nefs.
La façade principale ne présente à l’œil que la majesté des grandes lignes et l’harmonie des proportions. Accompagnée de deux tours symétriques, dont le sommet se perd dans les nuages, elle peut être encore comptée au nombre des plus remarquables frontispices placés devant les cathédrales. Sans doute elle ne peut le disputer en richesse ni en magnificence aux portails célèbres de Reims, de Strasbourg ou de Bourges, où l’art a déployé toute sa puissance ; mais elle mérite une place honorable dans les fastes de l’architecture catholique.

La cathédrale de Coutances, située sur une hauteur, se voit de tous les points de l’horizon à d’énormes distances. L’extrémité de ses flèches sert de direction aux navires qui passent sur les côtes de Normandie. Cette église réalise une des plus belles idées des allégories chrétiennes : elle est le port des fidèles, et elle montre de loin les écueils aux navigateurs.



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