La Cathédrale Notre-Dame de Rouen


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Rouen

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Les tours et le clocher de la cathédrale Notre-Dame de Rouen

La ville de Rouen est, sans contredit, en France, la plus riche en monuments du moyen âge. Dix siècles rivaux de zèle et de gloire ont accumulé dans son enceinte des merveilles architecturales de tout genre […]. La cathédrale de Rouen et l’église abbatiale de Saint-Ouen sont au nombre des plus prodigieuses constructions entreprises à l’époque du brillant empire de l’architecture ogivale.

Tous les auteurs s’accordent à regarder saint Mellon comme le premier évêque qui ait élevé à Rouen une église épiscopale. En quel endroit de la cité cette basilique chrétienne fut-elle primitivement bâtie ? Serait-ce à l’endroit où l’on voit encore aujourd’hui la crypte dite de Saint-Mellon, sous l’église de saint Gervais ? Aucun document historique ne nous l’apprend d’une manière irrécusable. Il est probable cependant que l’oratoire chrétien fut construit à l’endroit où se trouve aujourd’hui l’église métropolitaine. […] La cathédrale de Rouen fut détruite et réédifiée à plusieurs reprises, surtout à l’époque de la grande invasion des Normands, au milieu du neuvième siècle. Elle ne tarda pas à sortir de dessous ses ruines, puisque, en 912, Rollon, converti à la foi chrétienne, y reçut solennellement le baptême et la décora magnifiquement. Après cette conversion, qui permit à la paix de refleurir dans toutes nos provinces, l’église de Rouen éprouva de grands désastres. Au dixième siècle elle fut agrandie par Richard Ier. Les travaux commencés avec graduer et sur un vaste plan, furent continués par son fils, l’archevêque Robert. Ils ne furent terminés que sous l’épiscopat de Maurille, monté sur le trône archiépiscopal en 1055. Cet évêque zélé élève la pyramide en pierre qui portait son nom, et fait la dédicace du temple, en 1063, en présence de Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, et des évêques de Bayeux, d’Avranches, de Lisieux, d’Evreux , de Sées et Coutances.

En 1117, la foudre tombe sur la cathédrale. A peine relevée de ses cendres, elle est de nouveau consumée par un incendie, en 1200. Malgré la gravité des événements qui, après trois siècles de séparation, replaçaient la Normandie sous la puissance immédiate des rois de France, il paraît que la nouvelle construction fut suivie avec une incroyable activité, puisque, dès l’année 1217, on ne s’occupait plus que des parties secondaires de cette entreprise gigantesque, dont l’immensité effraie aujourd’hui la pensée. L’église actuelle est donc dans sa masse principale l’ouvrage des premières années du treizième siècle, avec quelques parties plus anciennes, comme la base de la tour Saint-Romain et beaucoup d’autres, qui ont été ajoutées postérieurement ou qui ont subi des modifications considérables. La chapelle de la sainte-Vierge appartient au quatorzième siècle, les deux portails latéraux, au siècle suivant ; le grand portail et la Tour-de-Beurre, ainsi que la pyramide qui s’élevait au-dessus du centre des transepts, témoins de la libéralité des d’Amboise, furent édifiés dans la première moitié du seizième siècle.

Malgré cette distance des grandes époques, qui ont laissé des parties importantes dans la cathédrale de Rouen, on y retrouve cet ensemble harmonieux qui ravit, ce charme des accords et du rythme qui exerce toujours une si vive impression. Une pensée unique règne dans tout l’édifice, et quoique cette pensée soit exprimée différemment, elle n’en conserve pas moins son caractère essentiel. Le style gothique du treizième siècle est le premier rejeton d’un arbre vigoureux qui en produisait encore de nouveaux au quinzième. Une architecture étrangère à celle du moyen âge est venue au dix-huitième siècle, par une disparate choquante, faire apprécier plus justement le mérite des rapports de nombre et d’harmonie établis dans les principaux membres du corps du monument, en élevant un jubé d’ordre ionique en marbre blanc, qui brise brusquement toutes les lignes et heurte avec violence toutes les couleurs. Il semble avoir été placé entre la nef et le chœur de cette basilique imposante, dit l’auteur des Vues de la France romantique et pittoresque, pour prouver qu’il y a quelque chose de pire dans les arts que l’ignorance absolue des règles du goût : c’est le manque de goût.

L’aspect de l’intérieur de Notre-Dame de Rouen est noble et majestueux ; la gravité du style ogival primitif y est tempérée par l’alliance des formes les plus élégantes et les plus pittoresques. On comprend parfaitement la distinction de cette magnifique architecture, quand on pénètre pour la première fois dans cette immense enceinte, vers le coucher du soleil, lorsque les vitraux peints brillent aux dernières clartés du jour, et qu’un religieux silence permet à l’âme de goûter les émotions qui la remplissent. L’étendue des nefs, l’ordonnance des travées, les mystères de l’abside, tout se réunit pour impressionner profondément et pour exalter le sentiment de l’admiration. Les yeux seuls ne sont pas frappés et éblouis, comme il arrive dans les édifices modernes ; l’esprit est pénétré de ce sentiment religieux que les vrais chrétiens éprouvent sous l’influence des idées de la foi, développé par la contemplation des splendeurs de la maison de Dieu. Qui n’a point éprouvé ce tressaillement intérieur à la vue des merveilles rassemblées dans une grande cathédrale, ne saurait avoir l’intelligence des secrets de l’architecture catholique.

Le plan général est en forme de croix latine, avec deux collatéraux jusqu’au transept, et quatre jusqu’aux chapelles absidales. Les bas-côtés se prolongent dans les croisillons du transept : disposition d’un bon effet et qui contribue peut-être à donner une plus grande régularité au plan géométral.
On compte vingt-cinq chapelles, cent trente fenêtres et un nombre infini de colonnes et de colonnettes. Voici les dimensions principales du monument : longueur totale, cent trente six mètres, depuis le portail jusqu’à l’extrémité de la chapelle de la sainte-Vierge ; largeur, trente-deux mètres trente centimètres, d’un mur à l’autre ; hauteur de la grande nef sous voûte, vingt-huit mètres ; au centre est la lanterne élevée de cinquante-trois mètres trente centimètres sous clef de voûte, et soutenue par quatre gros piliers portant chacun douze mètres soixante centimètres de circonférence ; la longueur de la croisée est de cinquante-quatre mètres soixante centimètres.
Le chœur est entouré de quatorze colonnes et éclairé par quinze grandes fenêtres. Avant 1430, sa partie supérieure ne recevait le jour que par un petit nombre d’ouvertures étroites et dépourvues d’élégance. Il faut suivre le pourtour de l’abside pour trouver les caractères du style primitif du monument. Les fenêtres à lancettes , la plupart géminées, attirent les regards autant par la grâce de leurs formes que par la vivacité éblouissante de leurs peintures ; les colonnes cylindriques, ou engagées aux angles des piliers, sont surmontées de chapiteaux à crochets, où les feuillages sont variés et très délicatement sculptés. La base appendiculée laisse voir, parmi les moulures qui la composent, une gorge profondément creusée, ainsi qu’on la pratiquait communément au commencement du treizième siècle.
Les arcades sont généralement très aiguës, et l’ogive présente cette pureté de forme et cet élancement remarquable qu’on rencontre seulement après la généralisation du système. Celles qui se trouvent au point d’union des nefs et des croisées sont d’une hardiesse prodigieuse. Les galeries du triforium sont fort sévères, elles ne sont à jour qu’autour du chœur et du sanctuaire ; dans tout le reste de l’église, leur balustrade se détache sur le fond de la muraille elle-même, et par opposition des tons sur deux plans différents, elle ne produit pas un effet désagréable.

En 1467, sous le cardinal d’Estouteville, le chapitre fit faire les stalles qui existent encore, dont les consoles sont décorées de sculptures extrêmement curieuses. M. E.-H. Langlois en a publié, il y a quelques années, une monographie intéressante. Tous les sujets sont traités avec le sentiment particulier à cette époque : Naïveté, finesse, verve, facilité, telles sont les principales qualités de ce travail, qui excite sans cesse l’attention des observateurs.
Autrefois un jubé en pierre, d’un style en harmonie avec le reste de l’édifice, ornait l’entrée du chœur. Par ses ciselures nombreuses et ses mille dentelles légères, il rappelait le voile qui, dans le temple judaïque, cachait le Saint des saints aux regards profanes. Il a été remplacé, en 1777, par cette construction que nous voyons aujourd’hui. La ruine en a été froidement consommée, sous l’influence de préjugés inexcusables, par les mains habiles qui introduisirent dans nos églises du moyen âge les molles créations du ciseau grec et romain, époque d’insouciance barbare dans les mœurs et de raffinement dans le goût. Cette perte est vivement regrettable pour les arts et la piété. Malgré sa beauté plastique, le jubé moderne est offensant sous plus d’un rapport : c’est le triomphe de la forme physique, et non la transformation de la nature par les idées chrétiennes. Citons à ce sujet des paroles malheureusement trop justes : « On dirait qu’une colonie païenne, inspirée des croyances de la théogonie grecque, aussi bien que des règles de la statuaire classique, a passé dans ce lieu, et qu’elle n’a vu dans l’occasion d’orner le sanctuaire qu’un prétexte pour satisfaire à ses dieux, en outrageant quelques-unes de nos solennités. » Voyez la figure de sainte Cécile qui se trouve sur l’un des deux côtés, et convenez qu’elle représente plutôt l’image d’une des muses mythologiques, que les traits d’une vierge chrétienne. Si nous voulons cultiver la forme, n’oublions jamais les types chastes et inspirés que nous devons aux siècles instruits par la religion.

Parmi les chapelles accessoires, deux surtout se font remarquer par leurs dimensions : celle de Saint-Etienne, qui servait à la paroisse de ce nom, supprimée à la révolution, et celle de la Sainte-Vierge, dont nous parlerons plus longuement en faisant connaître les magnifiques monuments funéraires qu’elle renferme. Cette dernière chapelle, longue de plus de vingt-cinq mètres, est une des plus belles qui existent à l’abside des grandes cathédrales. Elle constitue à elle seule une construction indépendante qui formerait un oratoire très distingué, en la supposant dans un état d’isolement. Elle étale toutes les richesses de l’architecture, comme un témoignage permanent du dévouement des populations au culte de Marie, mère de Dieu.
On admire dans la cathédrale de Rouen plusieurs verrières bien conservées. Elles ornent des fenêtres à compartiments variés, suivant le style qui les a construites ; on en trouve de trois époques, à lancettes, rayonnantes et flamboyantes. Les plus beaux vitraux sont ceux qui remontent au treizième siècle ; ils sont distingués par l’éclat et la symétrie des couleurs : nous devons surtout mentionner le magnifique vitrail légendaire qui contient la vie de saint Julien l’Hospitalier. Au nombre des vitres de la renaissance les plus dignes d’admiration, est celle de Saint-Romain, placée dans la chapelle dédiée à cet évêque.
L’édifice est encore éclairé par trois grandes roses, placées au-dessus des trois portails. Les meneaux en sont délicatement entrecroisés et splendidement épanouis dans leur merveilleuse floraison. Quelques belles que soient les roses de la cathédrale, elles sont cependant inférieures à celle de Saint-Ouen. Il est si difficile de soutenir avantageusement la comparaison avec la magnifique abbatiale de Saint-Ouen, la plus célèbre en ce genre de la France entière ! Au centre de la rose de l’ouest, au portail occidental de Notre-Dame, on voit le Père éternel environné de légions d’anges, exprimant leurs sentiments de bonheur et d’adoration en jouant de divers instruments de musique. Les poses en sont pleines de grâce et de naturel ; les visages respirent cette paix joyeuse qui doit être une des premières félicités des bienheureux. Si les artistes chrétiens du moyen âge, fidèles en cela aux traditions catholiques, leur font exprimer dans le langage harmonieux de la musique les louanges et les bénédictions qui doivent retentir éternellement autour du trône de Dieu, c’est sans doute pour nous faire comprendre qu’en exaltant toutes les puissances de l’âme et du sentiment, ma musique convient aux pompes du culte extérieur.

Les monuments funéraires de la cathédrale de Rouen mériteraient à eux seuls une longue description ; nous ne pouvons en parler que très brièvement. Dans la chapelle du Petit-saint-Romain, la première du collatéral droit, près du transept, se trouve le tombeau de Rollon, premier duc de Normandie. Le prince avait d’abord été inhumé dans le sanctuaire, au pied du grand autel, qui se trouvait à cette époque vers le haut de la nef actuelle. L’autel ayant été reporté plus loin, la dépouille de Rollon fut déposée dans l’enfoncement cintré où elle repose aujourd’hui. La statue couchée est d’un travail assez moderne, comparativement à l’époque où mourut ce grand chef des Northmans. On cherche involontairement dans cette image, bien maltraitée par le temps et par les hommes, quelques traces d’une ressemblance qui n’existe pas.
Dans le collatéral opposé, précisément en face de la chapelle que nous quittons, est celle de Sainte-Anne. Là sont les restes de Guillaume Longue-Epée, fil et successeur de Rollon, assassiné dans une île de la Somme par ordre d’Arnould, comte de Flandre. Le tombeau qui renferme ses restes est semblable à celui de son père.
Autrefois on admirait dans le sanctuaire quatre illustres sépultures. Ici se trouvait le cœur de Richard Cœur-de-Lion, mort en 1199, à la fleur de l’âge et à l’apogée de ses triomphes, au siège de Chalus. Là reposait le corps du jeune Henri, fils courageux de Henri II, roi d’Angleterre, monarque adolescent, dont le sceptre ne pesa point sur la terre, et qui doit peut-être au bonheur d’une mort prématurée celui d’avoir été pleuré par deux provinces qui se disputèrent sa cendre. Plus loin, une pierre recouvrait les entrailles d’un des meilleurs princes qu’aient porté la couronne de France, Charles V, que ses contemporains appelèrent le Sage, et auquel l’histoire a conservé ce nom. D’un autre côté gisait la dépouille mortelle de Jean, duc de Bedford, mort en 1435, auquel une froide impartialité devrait reconnaître des vertus, il était possible d’être froidement impartial près de la place où fuma le bûcher qui consuma l’héroïque Jeanne d’Arc. En 1562, les calvinistes mutilèrent ces tombeaux et pillèrent l’église : fureur sans courage, qui ne sut respecter ni le dernier asile des morts, ni les barrières du sanctuaire.

En creusant dans le chœur, on a récemment découvert la statue de Richard Cœur-de-Lion, en pierre de liais, d’un travail précieux et d’une conservation surprenante. Cette statue a été provisoirement déposée dans la chapelle de la saint-Vierge, où se trouvent d’autres tombeaux célèbres. Dans la seconde travée, à gauche en entrant, est un tombeau en pierre, sans inscription, sans statue : c’est celui de Pierre de Brézé, comte de Maulévrier, grand sénéchal d’Anjou, de Poitou et de Normandie, tué à la bataille de Montlhéry en 1465. Ce monument est remarquable par ses gracieuses proportions, par l’élégance et la délicatesse de son architecture.
A côté du précédent est le tombeau de Louis de Brézé, petit-fils du premier, mort au mois de juillet 1531. Diane de Poitiers, dont le nom est devenu célèbre par les turpitudes de sa vie, le fit élever à son époux, en y déployant toutes les ressources de l’art et de la décoration.
Le tombeau des cardinaux d’Amboise est un des plus précieux chefs-d’œuvre de l’art de la renaissance. Le corps de ces deux prélats reposait dans un caveau pratiqué sous le monument ; leur sépulture a été violée pendant la révolution. Il serait téméraire de vouloir essayer de donner une idée de l’ornementation de ce magnifique monument funéraire, par des descriptions et des dessins. Les ressources du génie y sont épuisées, les secrets de la sculpture y ont exprimé leur dernier mot. Deux belles statues en marbre blanc, à genoux sur des coussins, la tête nue et les mains jointes, sont posées sur le tombeau de marbre noir. Le sentiment de la prière et de la piété respire dans les visages graves et recueillis. A la partie inférieure du monument, dans des niches séparées par des pilastres, sont de charmantes petites statues, au nombre de six, représentant la Foi, la Charité, la Prudence, la Force, la Justice et la Tempérance. Toutes ces statues sont en marbre blanc. A la partie inférieure du monument, dans des niches séparées par des pilastres, sont de charmantes petites statues, au nombre de six, représentant la Foi, la Charité, la Prudence, la Force, la Justice et la Tempérance. Toutes ces statues sont en marbre blanc. Comment faire connaître ces milles ciselures capricieuses qui servent à accompagner une foule d’autres statuettes, parmi lesquelles on distingue la sainte Vierge, les douze Apôtres, saint Romain, évêque de Rouen ? Tous les trésors d’une imagination pleine de goût y sont déployés avec luxe et prodigalité.
En sortant de la chapelle de la Sainte-Vierge, à droite, est un tombeau sur lequel on n’avait fait jusqu’ici que des conjectures. On y voit, sous une arcade en plein cintre, la statue d’un évêque couché sur le dos. L’artiste, occupé de vous montrer l’âme du juste prenant son essor vers les cieux, a oublié de tracer sur le marbre le nom que l’évêque portait sur la terre. Des anges, aux ailes déployées, conduisent au ciel l’âme du défunt, représentée sous la forme d’un petit enfant. Quelques bas-reliefs, à demi effacés, à la partie inférieure du sépulcre, représentent peut-être un synode, ou des évêques réunis pour prier. On croit aujourd’hui que ce tombeau est celui de Maurice, archevêque de Rouen, mort en 1235.

Tous les portails de la cathédrale de Rouen sont dignes d’être remarqués, mais c’est surtout sa principale façade à l’occident, due à la munificence éclairée des d’Amboise, qui frappe les yeux par son étendue imposante, sa riche décoration, l’incroyable variété des détails dont elle se compose et l’aspect des deux belles tours qui la couronnent.
Cependant l’extérieur du monument tout entier n’avait rien à comparer, ni pour la grandeur, ni pour l’élégance, à la brillante et légère pyramide qui le surmontait encore il y a peu de temps, et qui prêtait tant de charmes aux points de vue de l’édifice, de la ville et du délicieux paysage qui l’encadre de sa brillante bordure. Construite sur les ruines de flèches encore plus élevées, par le dernier de ces cardinaux dont nous avons eu souvent à louer les bienfaits, elle comptait environ trois siècles d’existence, lorsque, le 15 septembre 1822, la foudre, se rouvrant des chemins qu’elle avait déjà tant de fois parcourus, vint frapper la croix, sillonner toute sa surface et porter la flamme au milieu de son immense charpente.
Le portail occidental offre le style ogival de la dernière époque dans ce qu’il y a de plus riche et de plus orné. Il faut renoncer à dépeindre les milles sculptures qui en recouvrent la surface entière. Galeries à jour, statues, bas-reliefs, feuillages découpés, colonnettes, chapiteaux, dais, pinacles, fleurons, aiguilles, sont pressés de toutes parts, hérissent toutes les saillies, décorent tous les enfoncements. Malheureusement on a craint pour sa solidité, et l’on a été obligé de bâtir des contreforts en pierre de taille, dont la nudité contraste d’une manière fâcheuse avec les parties voisines.

La tour qui termine la façade nord porte le nom de Saint-Romain ; sa base est la portion la plus ancienne de l’édifice. Le sommet a été terminé sous le cardinal d’Estouteville, en 1477. La tour méridionale a été nommée la Tour de Beurre, parce qu’elle fut construite au moyen des aumônes offertes par les fidèles, qui obtinrent la permission de faire usage de beurre pendant le carême ; elle a environ soixante-quinze mètres d’élévation. La première pierre en fut posée au mois de novembre 1485, par Robert de Croixmare, archevêque de Rouen ; les travaux ne furent terminés qu’en 1507. Cette tour est comptée parmi les plus grandes et les plus belles ; elle produit un effet imposant.
Les portails latéraux sont décorés avec beaucoup de soin. L’œil attentif peut en étudier minutieusement jusqu’aux plus faibles détails, et ce ne sera pas sans étonnement qu’il en contemplera l a perfection, même dans les endroits les plus cachés, et où l’on ne soupçonnerait pas de semblables travaux. Les bas-reliefs du Portail des Librairies sont très curieux par leur forme et par leur exécution.

Nous dirons un mot, en terminant cette notice, sur la flèche en fer qui remplace la gracieuse construction du cardinal d’Amboise II. Déjà l’œuvre est très avancée et n’attend plus que le dernier couronnement. La croix, placée à la pointe ; s’élèvera à cent quarante-cinq mètres dans les airs. L’effet général ne répond pas entièrement à ce que l’on espérait. Les lignes du métal sont dures et sèches, et les ornements n’ont pas le moelleux et la grâce qu’ils prennent sur la pierre sous le ciseau du sculpteur.


Cathédrales de France.
M. L’Abbé J-J Bourassé - 1843



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