Le Manoir de la Chaslerie


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Domfront

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Manoir de la Chaslerie
Manoir de la Chaslerie - La Haute-Chapelle © chaslerie.fr

Situé dans le département de l’Orne, sur le territoire de la commune de La Haute-Chapelle, le manoir de la Chaslerie a été édifié, à proximité du Gué-Viel, entre le 16ème et le 18ème siècle, par la famille Ledin. Victime d’un incendie en 1884, menacé de ruine, classé aux Monuments Historiques le 4 juillet 1995, le manoir de la Chaslerie fait depuis plus de vingt ans l’objet d’importants travaux de remise en état et de restauration.

A une demi-myriamètre de Domfront, en la commune de la Haute-Chapelle et près du chemin qui conduit de Domfront à Lonlay l’Abbaye, sur le versant oriental d’un faible mouvement de sol, se trouve la Châlerie, habitation du XVIe siècle, bien caractérisée. Les toits aigus et leurs amortissements ou épis en poterie, se montrent à une courte distance, mais pyramident gracieusement et sont bien conservés, quoique le château soit habité depuis la Révolution.
Cette gentilhommière se compose de deux corps-de-logis séparés par une cour close de 25 mètres sur 18. Une porte cochère et une petite porte, toutes deux cintrées, forment l’entrée de la cour et sont surmontées d’une toiture en accolade, couverte en ardoise, comme presque tout le château.
A droite de l’entrée est le principal corps-de-logis, composé d’un vaste rez-de-chaussée et d’un premier étage pavés en briques carrées. Il y a surtout une cuisine à très-grandes dimensions. Le toit de cette aile est fortement surélevé. Deux des angles diagonalement opposés sont flanqués chacun d’une tour cylindrique couronné d’un toit conique très-aigu et très-gracieux. Ces tours sont engagées suffisamment pour communiquer avec le corps-de-logis. Au centre de celui-ci est un vaste escalier en granit, dont les larges volées sont séparées par un mur, en sorte que chaque palier a près de 4 mètres de largeur.
Les baies des portes et fenêtres sont formées de granit dans lequel on a sculpté des chambranles qui accusent parfaitement l’époque de la renaissance. Les croisées sont de largeur inégale.
L’entourage de la porte a le cachet de l’ordre ionique et est orné d’une sorte d’écusson. Une pierre de granit placée à côté, et aussi armoriée, porte le millésime 1558.
L’aile gauche est formée :1° d’un pavillon, style Louis XIII, très-aigu ; 2° d’un autre avec comble à la mansarde ; 3° d’un corps de bâtiment plus bas, qui relie ce deux pavillons et qui était destiné aux écuries et remises. Ce dernier bâtiment est aussi en comble brisé et porte, sur une corniche en bois ; le chiffre 1765.
Comme on le voit, ce millésime et le précédent concordent parfaitement avec le style des corps-de-logis auxquels chacun d’eux correspond.
Cette aile gauche est aujourd’hui à peu près toute occupée par des fermiers. Quant au principal corps de bâtiment, il sert à peine à déposer fourrages et bois. On y rencontre encore quelques vieux meubles ayant appartenu aux derniers hôtes de ce castel ; tels sont : un grand fauteuil, de vieux cadres ovales, ornés de fleurs, habilement sculptés et rappelant l’époque de Louis XV, le tout perdu dans la poussière et les décombres.
J’ai dit que des amortissements décorent les angles trièdres des combles. En outre, chaque cheminée est couronnée de quatre boules placées une sur chaque carre et reliées par un patin à la corniche de ces cheminées , l’ensemble des combles du château, ainsi dentelé, forme un groupe très-élégant.

La Chapelle de la Châlerie — Mais ce qui est plus intéressant encore, c’est la chapelle, située à quelques mètres avant l’entrée de la cour. Cette chapelle, assez svelte à l’extérieur, est ornée d’un clocheton polygonal couvert en ardoise. Elle a 9 mètres de longueur sur 6 de largeur et est d’une construction très-simple. Elle est éclairée par deux fenêtres en ogive dont la forme rappelle le XIVe siècle. Leur appareil intérieur est peint en marbre. Sur les murs se trouvent des fragments de peintures à fresque d’un fort bon style, mais dont il est impossible de reconnaître les sujets, tant elles ont été détériorées par le temps et le choc des fagots que les fermiers y déposent. On distingue encore dans le retable une tête à couleurs vives, d’un dessin et d’une carnation irréprochables, et, sur les murs latéraux, des grisailles représentant des niches (décorées d’un ordre composite) avec des statues dont les restes font encore illusion. Ainsi, on y trouve des pieds d’un dessin très-correct et qui ressortent à s’y méprendre. Il en est de même des rinceaux qui décorent les frises, ainsi que des modillons compris dans les corniches d’entablement qu’on a peintes au-dessus de ces fausses niches. Enfin, les feuilles de chapiteaux, les palmettes cantonnées, ont un relief digne des grisailles les plus réputées. Tout cela est petit comme la chapelle même, mais très-gracieux.
Ce qui a malheureusement hâté la destruction de ces intéressantes décorations, c’est le peu de solidité de l’enduit qui les supporte. En effet, il n’est formé que d’une mince couche d’argile recouverte d’une pellicule de chaux, le tout cédant au moindre choc. Il est probable que cet enduit n’avait pas été fait en vue d’y appliquer des peintures, mais que l’artiste officieux, hôte du châtelain, aura, sans préparation, jeté à l’improviste ses heureuses conceptions sur les murs tels qu’il les a trouvés.
Les corniches intérieures de ce petit édifice est une simple sablière en bois sur la face de laquelle on a écrit des noms dont la conservation me semble précieuse pour l’histoire locale.
Ces noms que j’ai copiés sur le lieu, sont peints en noir sur fond blanc, en lettres majuscules romaines. Chacun d’eux est inscrit dans un compartiment oblong, espèce de parallélogramme arrondi aux angles et bien séparé de ceux qui l’avoisinent.
Les voici dans l’ordre où il se présentent :

1° Du côté gauche :

    St-Omer de Morbec.
    Ledin Pres. Gournay.
    Cœur de la Chalerie.
    Dorglande de Pretot.
    Mustel du Bois Roger et de Neufville.
    Foucault et Leverrier.
    Roger de Collières.
    Cormier de la Bindelière.
    De Marguerite de Guibray.
    De Caignou et Hébert.

2° Du côté gauche :

    Achard de St-Auvieux.
    Coupel de Lépinay.
    Auvray de St-André.
    Duhamel de Villechien.
    Fortin de Gourgoux.
    Achard de Bonvouloir.
    De St-Germain de Rouvrou.
    De Courcelles-Pollans.
    De Pillières Recourt.
    Delaunay. Billemont. Lalain et Vetin.
    Courberel de Plechin, Billemont.

En tout vingt et un groupes. On ne peut douter que ces noms ne soient ceux des possesseurs successifs de la Châlerie ou des familles qui leur étaient alliées.


Extrait de la notice sur la Châlerie
M. Blanchetière, Membre de la Société Française -1853.
Graphie conservée.



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