Les anciennes Halles de Rouen


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La Halle aux Toiles de Rouen en 1890 - Aquarelle de Amédée Rosier

Les anciennes halles de Rouen, construites à l’initiative du roi de France Louis IX en 1256, constituées de la Halle aux Toiles, de la Halle aux Grains et de la Halle aux Draps, situées entre les places de la Haute-Vieille-Tour et de la Basse-Vieille-Tour, ont été classées au titre des monuments historiques en 1941. De ce qui fut autrefois le plus grand marché de France, ne subsiste de nos jours que la Halle aux Toiles, à laquelle est adossée la chapelle de la Fierté Saint-Romain ; toutes deux rescapées des bombardements alliés qui, durant six jours, ravagèrent l’agglomération rouennaise du 30 mai au 5 juin 1944.

Vers le milieu du 10e siècle, Richard Ier, dit Sans-Peur, et troisième duc de Normandie, fit construire sur le bord de la Seine, un palais qui consistait en une grosse tour, et qui servait en même temps de défense à la ville. C’était aussi la prison d’Etat. Henri Ier y ajouta quelques bâtiments. Plusieurs forts ayant été construits postérieurement, on appela celui-ci la Vieille-Tour. Elle fut détruite en 1204 par Philippe-Auguste. Ce fut là, suivant le plus grand nombre des historiens, que le cruel Jean-sans-Terre fit enfermer son neveu Arthur de Bretagne, et qu’il l’assassina de sa propre main. Les halles actuelles occupent en partie l’emplacement du palais et de la Vieille-Tour, qui a légué son nom aux deux marchés dont nous allons parler.
Les Halles, ces vastes dépôts de l’industrie manufacturière, ont été construites dans la seconde moitié du 13e siècle, à peu près à l’époque où Louis XI détermina la cinquième enceinte de Rouen. Les halles de cette ville passent pour les plus importantes de France. La plus considérable qui est aussi la plus ancienne, est consacrée à la vente des toiles. Elle comporte 88 m.34 c. de long sur 16 m. 24 c. de large. La voûte est soutenue par deux rangs de colonnes en pierre. Les deux autres halles, l’une pour les cotons, l’autre pour les draperies, ont chacune 64 m. 96 c. de long. La halle aux toiles divise en deux portions inégales le marché qui se tient en cet endroit. Le plus vaste marché occupe le côté nord, et s’appelle place de la Haute-Vieille-Tour ; on y vend le vieux linge de toutes espèce, des ustensiles de tout genre, mais particulièrement de la faïence, de la poterie et de la verrerie. Le second occupe le côté sud, et s’appelle la Basse-Vieille-Tour, parce qu’en effet le sol y est moins élevé. On y vend divers comestibles, et surtout du poisson.
Un peu en avant de la halle aux toiles ; s’élève un édifice remarquable qui date de la renaissance des arts : on l’appelle le monument de Saint-Romain. Sa construction, d’ailleurs, n’est point liée à celle de la halle, avec laquelle il n’a aucun rapport. Il n’a point fait partie non plus de l’ancien palais des ducs de Normandie, comme quelques personnes paraissent encore le croire. Le style de son architecture indique suffisamment l’époque de sa construction, 1542. L’ordre corinthien règne dans toute son élévation. C’était au premier étage de ce monument qu’avait lieu la levée de la Fierté, pour la délivrance d’un prisonnier .

Dans le voisinage des halles aux toiles et aux cotons est la halle aux blés, qui comporte 100 m. de long, sur une largeur proportionnée. Son entrée est par la rue Impériale ; elle est ouverte trois jours de la semaine : le lundi, le mercredi et le vendredi seulement. Dans son Voyage en Normandie, M. Dibdin fait un tableau vrai et piquant de l’intérieur de notre halle aux toiles. « Il faut, dit-il, se lever de bonne heure un vendredi matin, pour jouir d’un spectacle dont nous n’avons aucune idée en Angleterre, si ce n’est peut-être à Leeds. Dès six heures, tout le monde est en mouvement dans ces halles. Acheteurs et vendeurs dont un bruit de voix confus, sans interruption, inconcevable. Cette scène vivante se passe dans plusieurs vastes galeries où sont des tables pour déposer les toiles de coton, de fil, et autres étoffes de toutes espèces. L’étalage de ces couleurs diverses, les éloges des vendeurs, le froid assentiment de l’acheteur, l’œil animé du premier, le sourcil calculateur du second, les marchandises qu’on enlève, celles qu’on apporte, enfin cette succession non interrompue de colloques et de tableaux variés, voilà ce qui étonne la gravité d’un Anglais, étonnement qui s’accroit encore par l’extrême gaité qui domine la scène. Vers onze heures tout redevient silencieux : la vente est finie ; les marchands ont disparu, acheteurs et vendeurs sont partis.


Rouen, Son Histoire, ses Monuments, ses environs.
François-Théodore Licquet - 1862.

Rouen
Les Halles et la rue de la Tonnellerie par Giuseppe Canella, l’Aîné
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La place de la Haute Vieille Tour par Giuseppe Canella, l’Aîné - 1824




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