La Clé du Trésor


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Sur les bords de l’Iton, s’élevait autrefois le château de Mouceaux, château gris et sombre, castel enfumé et triste, avec son donjon, dont les créneaux démantelés se miraient dans le courant du fleuve qui baignait leur pied.

Un soir de la fin d’automne, le son d’un luth faisait résonner la voûte de la grande salle, ce qui devait paraître étrange, car rarement le pont-levis s’abaissait pour recevoir de nobles hôtes ; rarement chevaliers et écuyers s’y arrêtaient ; plus rarement encore bardes et trouvères y demandaient abri ; jamais un voyageur égaré, un pauvre pèlerin n’y eût trouvé refuge.
Les appartements en étaient froids et humides ; les cours remplies d’herbes et de ronces ; les vastes écuries ne contenaient que des bêtes de somme ; ... monseigneur Henrique de Mouceaux était ... AVARE.

Il n’était généreux que pour sa fille ; car monseigneur Henrique avait une fille. Oh ! une bien belle enfant ! fraîche et gracieuse comme une fleur de printemps. Hélène, voyez-vous, c’était une vierge légère et suave comme une de ces gracieuses apparitions qui viennent parfois poser leurs formes au chevet de nos lits de jeunes hommes pour dorer nos rêves. La vie de la douce enfant était privée de ce qui rendait alors si belle la vie de château ; car Henrique n’avait guère d’affection au cœur. Il n’aimait que deux choses : sa fille et l’argent. Oh ! mais l’argent surtout ! Il lui fallait pour vivre de l’argent ; beaucoup d’or entassé dans quelque cachette, des trésors enfouis sous une dalle dans un coin ; peu lui importait que son château fût triste et délabré, que les tapisseries des appartements tombassent en lambeaux, pourvu qu’il entassât de l’argent. Il voyait sans souci les croisées de son vaste castel brisées dans leurs châssis : il avait de l’argent ! Et vous comprenez, un tournoi, des chasses, des festins, auraient coûté ; il aurait fallu fouiller dans ces coffres, qui étaient son bonheur ! Cela ne se pouvait ; il y mettait au contraire, il y mettait toujours. Il se mirait avec effusion dans son or ; c’était pour lui une volupté au-dessus de tous les plaisirs de la terre. Il aurait vendu sa part de ciel, si on lui en eût offert assez … Cependant Hélène ne manquait d’aucune des choses nécessaires à la vie ; il est vrai que ses goûts étaient simples comme son âme ; mais nulle châtelaine n’avait de plus fine gaze pour écharpe, de plus belles étoffes blanches pour ses robes, de plus pure hermine à son manteau, de plus beau velours à sa toque. C’était assurément une chose étrange que ce partage d’affection, que ces deux sentiments, qui occupaient Henrique, l’un pur et saint, l’autre immonde.

Comment donc y avait-il de la musique et des chants dans le castel ? le voici :
la soirée était froide et pluvieuse ; c’était une de ces maussades soirées normandes que l’on sent si lourdes à la campagne. La cloche du château avait retenti de quelques légers coups et un varlet était venu annoncer qu’un vieillard étranger, un barde, demandait à passer la nuit.
O mon père, qu’il vienne ! s’était écriée Hélène ; qu’il vienne ! nous sommes si tristes ici, dans cette salle ; eh bien ! ses chants nous égaieront ! Vous semblez chagrin ce soir ; un barde a toujours des secrets pour ramener la joie !
Malgré lui, le vieux seigneur avait répété : qu’il vienne !
C’était un grand vieillard aux cheveux tout blancs ; la boue des chemins avait Sali sa robe, la pluie ruisselait de sa barbe. Il inclina devant ses hôtes son corps déjà courbé ; et, déposant son luth, il les remercia avec effusion de leur hospitalité. Bien vite, par les ordres d’Hélène, on l’eut revêtu d’une robe plus fraîche, ont eut lavé ses pieds meurtris du gravier des ornières, essuyé ses cheveux. Quand il rentra dans la salle, il renouvela ses remercîments à ses protecteurs.
le frugal repas du soir était à peine terminé, qu’Hélène pria le barde de leur dire quelque ballade neustrienne, quelque histoire de châtelaine.
Le vieillard prit alors son luth d’un main tremblante, et levant les yeux, il préluda :
« Quand le beau temps s’en va, quand vient l’hiver avec ses froides neiges, demande-t-on de la chaleur du soleil ? — Quand le corps usé du vieillard va laisser son esprit remonter au ciel, lui doit-on demander des inspirations ?

Le lai de la Demoiselle d’Erval

« Si vous naquîtes d’un sang noble, d’une haute lignée, damoiselles des Châtellenies, n’oubliez jamais vos aïeux, comme fit Mira, qui aima un manant !
« Le papillon n’était pas plus léger, la blanche marguerite plus pure, le souffle matinier du Zéphir plus suave, que Mira, que la belle Mira !
« Il n’était point de preux chevalier, de noble comte, qui n’eût mis son coeur et sa gloire à ses pieds, mais elles les avaient tous refusés, la belle Mira, car elle aimait un manant.
« Quand elle était assise sur les bords de l’étang, enlaçant des fleurs en couronne, son coeur battait si fort, que la gaze de son corsage en était agitée ; elle songeait à ses amours, Mira, la belle Mira !
« Cependant elle devenait triste ; ses yeux étaient voilés d’amertume ; la douleur avait pressé son coeur de sa main froide ; on la voyait décliner comme une fleur frappée trop vite d’un souffle délétère, Mira qui aimait un manant !
« Ah ! elle allait souvent le soir se promener au fond du parc du château, et, si on l’eût suivie, on ne l’y aurait pas trouvée seule, car elle avait donné son coeur, Mira, La belle Mira !
« Un soir, elle dit à celui qu’elle aimait : notre amour est une faute ; Loïs ; je ne saurais être à toi dans ce monde ; mais il en est un meilleur ; viens donc ! Et ils allèrent sur le bord de l’étang, et plus jamais on ne les revit, car c’était un manant qu’elle avait aimé, Mira, la charmante Mira !
« Sur l’étang du château d’Erval errent souvent la nuit, deux flammes bleues, qui se jouent et semblent heureuses de se rencontrer, c’est l’âme de Mira et celle d’un manant qu’elle aima, la belle Mira ! »

Le vieillard laissa retomber sur sa poitrine sa tête vénérable, qui, pendant ses chants s’était animée d’un feu sublime ; sa voix, ferme et harmonieuse pendant qu’il disait ces strophes, baissa subitement, et il n’adressa qu’avec peine ces mots à Hélène :
— Noble damoiselle, le vieillard a cherché à remplir vos désirs ; maintenant il a besoin de repos.
Hélène ne l’entendit pas. Une pâleur mortelle s’était répandue sur son visage ; il semblait qu’elle méditât profondément les paroles de la ballade.
Mon père, dit-elle au vieillard , cette histoire est bien triste ; vos chants si harmonieux ; ne sauriez-vous nous dire quelque chose de moins sombre ?
Mais le vieillard était endormi sur son escabelle.
Hélène, dit le châtelain, cet homme repose ; mais vous, vous aussi Hélène, n’avez-vous pas besoin de repos ?
La jeune fille ne fit aucune objection, et présenta son front à son père qui y déposa un baiser.
Hélène se retira chez elle, et quand elle fut restée seule, quand ses lourds rideaux, traversés à peine par quelques rayons de sa lampe de nuit, furent retombés autour de sa couche, le sommeil ne lui vint point ...Un grand trouble l’agitait. Les paroles de la ballade lui revenaient à la mémoire ; le sort de Mira, si belle et si gracieuse, de Mira comme frappée de malédiction pour un amour indigne de son rang, lui faisait mal ... car ... elle-même, Hélène !
O mon Dieu ! soupira-t-elle, mon Dieu ! serais-je maudite à cause de LUI ?
Quelques larmes coulèrent de ses yeux : le devoir et l’amour étaient aux prises.

Il y avait près des domaines de Mouceaux, un homme qui, devenu riche tout à coup, sans qu’on pût savoir comment il avait acquis autant d’argent, s’était racheté du vasselage et avait à lui un grand nombre de gens et de serviteurs. — Pierre avait un fils de vingt ans, beau jeune homme, élevé dans les champs, auquel un air pur avait donné une taille et des membres forts et vigoureux. Rien n’avait été épargné pour son éducation, un moine des environs l’avait instruit, et l’étude avait poli ses moeurs : il y avait dans sa personne un ensemble gracieux et distingué.
Son vêtement, aussi riche qu’il lui était permis, répondait bien à ses belles formes, et l’on eût pu regretter qu’une épée ne fût point attachée à son côté ; car, à voir la noblesse de ses traits, on sentait qu’il l’aurait bien portée.
Un dimanche, il y avait fête, Hélène fut priée de quêter pour les pauvres. La jeune fille, avec son blanc et léger vêtement, était vraiment belle comme une madone. Lorsqu’elle présenta la bourse à Francis, il resta un moment à la contempler, ravi de la grâce, de la pureté de son front. Leurs yeux se rencontrèrent, et depuis ce jour tous les deux furent exacts aux offices et à sortir au même instant du temple. — Héla ! s’ils devaient s’aimer, pourquoi y avait-il un abîme entre leurs naissances ?
Bientôt il se furent dit leur amour, bientôt les promenades d’Hélène se dirigèrent vers les terres de Francis, et souvent ils se rencontrèrent. La liberté dont jouissait la jeune fille ne faisait pas soupçonner le but de ses courses ; on était habitué à la voir sortir dans les champs pour cueillir des fleurs, pour porter des secours aux malheureux ; mais le but de ses promenades était bien changé !

Nous avons dit que l’Iton coulait au pied du château ; une terrasse régnait aussi sur ses bords ; à l’extrémité s’élevait un petit pavillon supporté par des rochers. Les bras du fleuve, très étroit en ce lieu, rapprochait les arbres de l’autre rive, dont les hautes branches formaient un épais berceau, masquant la fenêtre du pavillon. Hélène chérissait ce lieu, et depuis quelque temps, c’était là qu’elle voyait Francis. — Quand le jour finissait, le jeune homme remontait le courant dans une barque, et venait l’amarrer à une des saillies des rochers ; puis il grimpait lestement sur les autres, et la présence d’Hélène le dédommageait de ses peines. Ils sentaient bien pourtant qu’ils faisaient mal ; aussi jamais Francis ne mit le pied dans le pavillon.
Le lendemain de la ballade, il vint au rendez-vous, et, ce qui n’était jamais arrivé, Hélène se fit attendre.
Elle parut enfin ; mais à ses paroles tristes et pénibles, le coeur du jeune homme se serra.
— Hélène, s’écria-t-il, ne m’aimez-vous plus ?
— Francis, Francis, ne dites point cette affreuse chose ! ma tristesse ne vient que de mon amour. Mon ami, ayez, pour entendre mes paroles, le courage qu’il me faut pour les prononcer !
— Je me sens mourir !
— Nos entrevues ont été pures jusqu’à ce jour. Nous sommes innocents à nos yeux et à ceux de Dieu ; mais, mon bien-aimé, cela ne peut se prolonger ; vous savez que nous ne pourrons être l’un à l’autre. Moi, je jure de ne jamais appartenir à un autre ; c’est tout ce que je puis faire. Quant à vous, Francis, soyez libre et heureux ; adieu ! Francis, adieu !
Il n’entendait plus,
— Si j’étais noble ! s’écria-t-il tout à coup ; oh si j’étais noble, vous m’épouseriez bien ! Hélas ! je ne suis que le fils d’un affranchi ...
— Francis ! vous blasphémez ! Je vous jure que s’il ne tenait qu’à moi ...
— Un ange ne trahit pas la vérité ; je vous crois, Hélène. Adieu donc ! adieu, vous ne me reverrez plus ici, plus jamais !...
— Ah ! encore un mot.
Elle détacha une médaille bénite qui pendait aux glands de sa ceinture.
— Ma mère me donna cette médaille quand j’étais bien jeune, et elle m’assura qu’elle me protégerait tant que je la posséderais ; c’est le dernier souvenir de celle qui m’a donné la vie : Francis, qu’il puisse vous porter bonheur !
Il lui baisa la main et partit en pleurant.

Francis avait perdu sa gaîté, son repos : rien ne le soutenait plus dans la vie ; il était indifférent au soleil, aux fleurs, aux arbres verts, à la chasse, à la pêche, aux mille bonheurs qu’il aimait tant jadis. Son père, inquiet et attentif, guettait à chaque instant les progrès du mal mystérieux qui détruisait cette précieuse existence ; mais il ne pouvait découvrir d’où venait l’orage.
— Francis ! lui dit-il un jour, tu me caches un chagrin ? tu as un secret pour ton père !
A cette voix si tendre, le jeune homme confessa tout.
Le vieillard réfléchit un moment.
— Tu es sûr qu’Hélène n’en aime pas un autre ?
— Oh ! j’en suis sûr.
— Sois donc consolé, elle sera ta femme. Monseigneur aime l’argent ; avec de l’argent l’on aura sa fille.
Il s’en alla aussitôt au château.
— Monseigneur, nos enfants s’aiment.
— Que dis-tu ? manant.
— Je dis la vérité, monseigneur.
— Tu mens, je te ferai pendre.
— Je ne suis plus serf, et je viens vous demander la main de votre damoiselle pour mon fils.
_— Ah ! et où sont tes titres de noblesse ?
— Dans mon coffre-fort, messire, parce qu’avec de l’argent l’on peut acheter des terres et des clochers.
— Mais il en faut beaucoup pour cela.
Quand on parlait d’argent au seigneur, il oubliait tout le reste.
— Si j’en trouve beaucoup ?
— J’ai ouï dire, en effet, que tu étais fort riche.
— Si je vous donnais deux boisseaux d’or ?
L’avare fut saisi d’une contraction fébrile, mais se repentant de ce mouvement :
— Hors d’ici, fou !
— Insensé, c’est bien ; mais consentiriez-vous ?
— Tu as dit que nos enfants s’aiment ; s’il en est ainsi, peut être ... Mais prends garde, manant ; car, affranchi ou non, si dans huit jours je n’ai pas ton argent, tu iras au gibet pour commencer l’année, et tous tes biens seront confisqués.
— Qu’il en soit ainsi, monseigneur.
De retour chez lui, Pierre parle bas et longtemps à son fils.
— Voilà mon secret, dit-il en finissant ; mais sois prudent, oh ! sois prudent !

A quelques centaines de pas du castel de Mouceaux s’élevaient dans une prairie, sur les bords de l’Iton, trois énormes blocs de rocher, superposés l’un à l’autre. C’était pour le pays un monument redoutable auquel se rattachaient mille histoires effrayantes ; c’était à peine si, le jour, le pâtre en laissait approcher ses troupeaux, et, quand la nuit venait, personne n’aurait passé auprès sans frémir.
Ce soir-là pourtant, deux jeunes gens étaient accroupis près de ces pierres. Le vent grondait à l’entour, balayait les grains de frimats ; et les deux aventuriers, tout enroulés qu’ils étaient dans d’épais manteaux, étaient tapis près l’un de l’autre, tremblant de froid, car le vent de la nuitée de Noël était glacé. — Ce qu’ils attendaient devait être formidable, puisque l’appréhension ne leur permettait pas de dire un mot. Dans les airs, le son de la cloche de l’église vint se joindre au bruit du vent : c’était l’office de la nuit ; mais les jeunes ne bougèrent pas.
Quelque temps s’écoula encore, puis la lune apparut. Ses rayons pâles et froids tombèrent sur les eaux du fleuve et répandirent un peu de clarté sur le vieux monument. Les jeunes jetèrent autour d’eux un regard effrayé, leurs yeux interrogeaient les buissons, les arbres, les joncs du rivage ; tout était distinct pour eux : leur position était si étrange !
— Tu as bien froid, Hélène, se hasarda enfin à dire à demi-voix Francis. Combien tu souffres pour moi, mon amie !
— Souffrir pour toi, Francis, répondit-elle en lui pressant la main, c’est du bonheur ... mourir avec toi, Francis, ce serait du bonheur encore !
— Espérons.
— Prions Dieu, Francis.
— Oh ! oui, Hélène, prions Dieu !
Et ils se mirent à genoux, et c’était quelque chose de bien touchant que cette prière adressée par des amants chrétiens près de l’autel druidique, où jadis on avait immolé des chrétiens, sans doute !
— C’est peut-être notre dernière prière, Francis ?
— Hélène, que ce soit pour moi ; mais pour vous ...
— N’y a-t-il pas du charme à mourir ensemble quand on s’aime ? Ne vaut-il pas mieux s’en aller ensemble que vivre dans l’éloignement ?
Elle se souvint à ce moment des terribles paroles de la ballade du vieux trouvère, et sa main trembla plus fort que jamais.
— Mon ami, avez-vous encore la médaille que je vous donnai un jour ?
— C’est un talisman sacré toujours suspendu sur mon coeur.
S’ils attendaient ainsi, c’est qu’à minuit les pierres magiques allaient s’élever d’elles-mêmes et leur livrer des trésors sans nombre ; mais il fallait une grande attention, car, au dernier coup, le démon de l’argent, gardien des trésors du monument, viendrait s’emparer des imprudents encore glissés dessous.
Cependant du clocher du hameau tomba dans le lointain le premier coup de minuit ... le vent se tut ; un calme solennel régna autour de l’autel ... Les rochers furent soulevés et laissèrent briller des trésors immenses et sans prix. Les deux amants se précipitèrent sur ces richesses et en retirèrent beaucoup.
Minuit sonnait toujours.
— Assez, Hélène, assez !
Il était trop tard ; les pierres étaient presque retombées. Par un mouvement rapide comme la pensée, le jeune homme arracha la sainte médaille qu’il tenait de sa bien-aimée, et la lança sous le monument.
O prodige ! le mouvement cessa, et la jeune fille put ramasser le précieux médaillon et sortir vivante de ce terrible lieu.

Huit jours après, ce fut un joyeux commencement d’année pour Hélène et pour Francis ; mais nul n’a jamais osé depuis aller chercher de l’or sous le monument druidique, connu dans le pays sous le nom de PIERRELEE (pierre levée), et auquel mille histoires non moins curieuses se rattachent dans le souvenir des habitants du pays.


Légendes et Traditions de la Normandie
Octave Féré - 1843
Graphie conservée.



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