Les Coiffes de Normandie


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Costume et coiffe Bavolette de Granville
Costume et bavolette du Pays de Granville par François Hippolyte Lalaisse - 1854

Les propos qui suivent ne prétendent, en aucune façon, décrire de manière exhaustive les différentes coiffes de Normandie mais retracer, dans les grandes lignes, leur aspect sociétal et identitaire, leur mode de confection ainsi que leur évolution depuis leur avènement, au lendemain de la révolution de 1789, jusqu’à leur disparition.

Dans ce domaine, la Normandie, constituée de cinq départements possédant chacun leurs propres spécificités géographiques et culturelles, peut , non sans une certaine fierté, se prévaloir de posséder un patrimoine régional ethnologique d’une richesse inestimable. Faire l’inventaire des costumes traditionnels normands du 19ème siècle est chose quasiment impossible, tant leur diversité est grande. L’entreprise risquerait de donner une idée fausse et stéréotypée d’un des éléments phares du costume féminin de cette époque. Reflet d’un art de vivre, indissociables des somptueuses jupes, corsages et châles-tapis aux couleurs chatoyantes, les coiffes de Normandie, furent jadis, à la ville comme à la campagne, aussi bien l’apanage des servantes, des maîtresses de maison que des riches bourgeoises.

C’est au début du Premier Empire que les bonnets ronds remplacent, peu à peu, la cornette portée jusqu’alors. Ces attributs vestimentaires, sans relation aucune avec un quelconque folklore , dont les formes, les architectures et l’ornementation ne cesseront d’évoluer au fil des décennies, de simples bonnets à des coiffes plus élaborées, atteignent un degré de quasi perfection avec l’apparition des coiffes d’apparat. Edifices diaphanes, d’un blanc resplendissant, de tissus, de tulle ou de mousseline, de dentelle et de ruban, immortalisés par François Hippolyte Lalaisse , ces coiffes emblématiques, volontairement ostentatoires, incarnent le summum de l’élégance et du raffinement, la quintessence d’un savoir-faire conjugué de modistes, de dentellières, de brodeuses et de repasseuses. Bonnet de travail simple et fonctionnel, coiffe de réception ou de mariée richement ouvragée, coiffe de deuil exempte de broderie et de dentelle : chaque coiffe est unique et en parfaite adéquation avec les usages et les rites de la vie quotidienne.

Si les coiffes de Normandie se comptent par milliers, il est néanmoins possible de se faire une idée relativement précise de la manière dont elles étaient réparties géographiquement. A chaque clocher, son type de coiffe : au nord de la Seine, à Rouen, Yvetot et Caudebec en Caux, la mode est alors à la mître d’évêque, tandis que les grandes coiffes cauchoises, en forme de corne d’abondance recouverte de lamé ou de soie, parée de barbes de dentelle tuyautée, règnent sans partage sur le Pays de Caux. Dans les départements de l’Orne, de l’Eure, dans l’est du département du Calvados et la région de Caen, c’est le Pierrot, à la forme fuselée, composé d’un fond en mousseline brodée et d’un double volant, qui emporte les suffrages de la gente féminine. Plus à l’ouest, dans le Bessin, les vertigineuses Bayeusines et Bourgognes, sans ailes, montées sur armature, ornées de barbes de dentelle,marquent la transition avec les coiffes du département de la Manche et de la baie du Mont-Saint-Michel où le Papillon d’Avranches voisine avec les coiffes d’Avranches et de Granville, le Plateau de Valognes, la Goélette de Barfleur, le Sabot de Cherbourg, les Comètes du Sud Hague, de Barneville-Carteret, la Galette et la Treille du Val de Saire.

Grandeur et décadence, la fin du Premier Empire sonne le glas des coiffes du Pays de Caux. Les grandes coiffes de Normandie, qui arrivent à leur apogée vers 1850, disparaissent à leur tour. Passé 1880, riches dentelles et fonds de coiffe sont définitivement relégués aux oubliettes de l’Histoire ou convertis en bonnettes. Si beaucoup d’entre elles périront, par la suite, victimes des bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, nombreuses, cependant, sont celles qui sont parvenues jusqu’à nous et qui font, aujourd’hui, le bonheur de collectionneurs privés, l’admiration des visiteurs de nos musées et écomusées régionaux ou, qui sait, dorment encore dans nos greniers.


Remerciements à Mme Arlette Legallais (coiffesdenormandie.com) pour ses précieux conseils et renseignements qui nous ont permis de réaliser cet article.

Coiffe de Normandie
Coiffes du Pays de Coutances par François Hippolyte Lalaisse - 1854
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