Le Château de Fontaine-Henry


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Maison d’Harcourt

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Fontaine-Henry
Le Château de Fontaine-Henry

Le château de Fontaine-Henry, bâti aux XVe. et XVIe. siècles, par Jean d’Harcourt, seigneur de Fontaine-le-Henri, et son fils Pierre, sur l’emplacement d’une ancienne forteresse médiévale, a été classé aux monuments historiques en 1924. Propriété de la Maison d’Harcourt, transmis de génération en génération depuis près de dix siècles, ce splendide édifice, à la façade en dentelle de pierre et aux pentes de toits impressionnantes , constitue un des plus bels exemples d’architecture Renaissance en Normandie.

Ce qui attire les voyageurs à Fontaine Henry, c’est le château que l’on trouve tout près de l’église, et dont la conservation est parfaite, dans toute la partie antérieure donnant sur la cour.

L’édifice est de plusieurs époques. La partie droite est la plus ancienne et peut dater de la fin du XVe. siècle, ou des premières années du XVIe. siècle. Les fenêtres en sont surmontées d’arcades en forme d’accolade et ornées de panaches et de feuillages frisés. Deux tours carrées rompent la monotonie des lignes horizontales. L’une est surtout remarquable par ses moulures ; l’autre paraît plus ancienne que tout le reste, et dater de la fin du XVe. siècle. A partir de la première tour, le style change complètement. Des arabesques, des rinceaux de la plus grande finesse, et semblables à ceux que l’on rencontre sur les monuments les plus ornés du XVIe. siècle, couvrent les murs avec profusion ; l’entablement prend des proportions classiques. En un mot, tout annonce l’époque de la renaissance, et cette partie du château doit être du temps de François 1er. On voit d’ailleurs le millésime 1537 sur un arc des fenêtres de l’aile gauche.

Les combles extrêmement élevés de cette aile et sa cheminée colossale, dominent tout l’édifice. La grande cheminée n’est guère moins considérable que celles de Chambord et prouve que dans les châteaux du XVIe. siècle, ces accessoires sont de véritables monuments, selon l’idée très-juste de M. de la Saussaye. Sur un des angles du pavillon, se trouve une élégante tourelle à pans coupés, ornée de moulures et de médaillons. Une tour plus élevée, et au long toît conique, garnit l’angle opposé du même pavillon. Plusieurs têtes en bas-reliefs décorent la partie supérieure des fenêtres.

Le derrière du château a été réparé et n’a jamais été aussi orné que la façade ; ce côté était défendu par la pente rapide du vallon, dans lequel coule la petite rivière de Mue. L’intérieur du château a été retouché. Au-dessus d’une porte , dans l’escalier qui monte aux appartements du pavillon de 1537, on voit Judith en buste, tenant de la main gauche la tête d’Holopherne, et la main droite appuyée sur son épée, dont elle presse la poignée sur sa poitrine : on lit ce qui suit dans un cartouche, au-dessous de cette figure de haut-relief.

ON. VOIT. ICY. LE. POURTRAICT.
DE. JUDITH. LA. VERTUEUSE.
COME. PAR UN HAUTAIN FAICT
COUPPA LA TESTE FVMEVSE
D’HOLOPHERNES QUI. L’HEUREUSE
JERUSALEM EUT DEFAICT

Evidemment la cour qui précédait la façade du château, était autrefois close par un fossé dont il ne reste plus de traces. La chapelle qui se trouve dans le parc était vraisemblablement comprise dans l’enceinte.
Cette chapelle paraît de la fin du XIIIe. siècle, aussi bien qu’une petite tour accolée au chevet du côté du nord. Une partie de la nef a été reconstruite à une époque postérieure. On remarque de distance en distance dans les murs extérieurs, des pierres sur lesquelles sont gravées des croix, et cette particularité a donné lieu à une tradition qui me paraît peu fondée. Ces croix auraient été ainsi gravées en mémoire d’un voyage entrepris à la Terre-Sainte, par un seigneur de Fontaine-Henry, qui serait allé à la croisade au XIIIe. siècle ; mais il n’est pas difficile de voir qu’elles ne datent pas de cette époque ; ce sont, je pense, des croix de consécration ; cette chapelle aura été abandonnée pendant quelques temps, et après que les reconstructions modernes qu’on y remarque ont été faite on l’aura consacrée de nouveau, on y aura placé les croix dont nous parlons.

A l’intérieur de la nef, les murs sont ornés d’arcatures ogivales à colonnettes, dans chaque entrecolonnement est un siège creusé dans la pierre, espèce de stalles fort rares et assez remarquables ; ces arcatures ne se prolongent pas dans le sanctuaire. Au XVIe. siècle, la nef a été partagée par une voûte surbaissée portant sur des colonnes. Il y avait au-dessus de ce plafond qui coupait aussi par moitié l’élévation de la chapelle, un appartement auquel on accédait de l’extérieur, par une entrée dans le style de la renaissance.

Du côté sud, le style du XIIIe. siècle est facile à reconnaître dans le mur extérieur ; on y voit des fenêtres en lancettes, et une corniche à dents de scie. Le sanctuaire est remarquable par les trois élégantes lancettes percées dans le chevet, et par l’autel sur lequel est une niche portée sur des colonnettes, destinée sans doute à abriter une croix ou un tabernacle, chose extrêmement rare aujourd’hui dans nos églises.


Statistique Monumentale du Calvados
Arcisse de caumont - 1846.



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