Le Château de Tancarville


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Fortifications

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Période Médiévale

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Tancarville

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château de Tancarville
Le château de Tancarville - Gravure du 19ème siècle

Juchés au sommet d’une falaise, située en aplomb du cours de la Seine, les vestiges du château de Tancarville, classé aux monuments historiques en 1862, gardent en mémoire cinq siècles d’Histoire militaire et d’architecture médiévale. Bien que le site soit , depuis quelque temps, fermé au public , il reste cependant possible de se faire une idée relativement précise de ce que renferment ses impressionnantes murailles grâce au récit qu’en a fait Adolphe Joanne dans son ouvrage, intitulé « Itinéraire Général de la France - Normandie », publié en 1866.

La rive droite de la Seine, au débouché d’une jolie vallée boisée, presque vis-à-vis de Quilleboeuf, est dominée par les ruines imposantes de l’ancien château fort des comtes de Tancarville. « Ce château fort est bâti sur une falaise de près de cinquante mètres de hauteur, affectant, dit La Normandie illustrée, la forme d’un triangle, dont la pointe la plus allongée se dirige vers le Nord, puis coupée à pic dans sa partie orientale et bordé au pied par les flots tumultueux de la Seine que gonfle le voisinage de la mer, séparée au Sud, du reste du promontoire, par un vallon et un fossé parallèles, enfin isolée, du côté de l’Ouest, de la Pierre-Gante , sa pittoresque voisine, par une gorge profonde, à travers laquelle serpente, dans l’épaisseur du bois, le chemin qui conduit du village de Tancarville au bourg de Saint-Romain, et que l’on désignait autrefois sous le nom significatif de la sente aux Prisonniers.
L’ensemble des courtines et des tours, dont se composait la forteresse, a suivi le plan triangulaire du plateau de la falaise ; ce qui porte à croire que ce tracé a été exécuté d’un seul jet, quoique l’on puisse assigner aux parties qui le composent différents âges de construction. D’après cette conjecture, un système de défense aussi vaste et aussi complet ne pourrait remonter plus haut que Henri 1er, le dernier des fils de Guillaume le Conquérant. »

Après avoir appartenu, jusqu’en 1320, à la puissante famille des sires de Tancarville , ce château passa successivement aux nobles maisons d’Harcourt, de Longueville, de la Tour-d’Auvergne et de Montmorency : il fut visité ou habité tour à tour par Charles VI, Talbot, Dunois, Charles VII et Agnès Sorel. Le financier Law en fut quelque temps propriétaire. Vendu, pendant la Révolution, à un acquéreur qui ne put pas le payer , il resta propriété nationale. Sous l’Empire, il appartint quelque temps au duc d’Albufera, et P. Lebrun, qui y reçut l’hospitalité, y composa, dit-on, ses tragédies d’Ulysse et de Marie-Stuart. Après avoir été cédé, moyennant 300 francs de rente, à l’hospice du Havre, il fut rendu par Charles X à la famille des Montmorency.

Un chemin ombragé monte du village à l’entrée du château , flanquée de deux tours jumelles, défendues par un boulevard. Ces tours qui mesurent environ 16 mètres de hauteur, sont reliées entre elles par une courtine de 4 mètres ; celle de droite est entièrement recouverte d’un immense lierre qui monte de la base au sommet ; la tour de gauche offre, à 5 mètres au-dessus du sol, une meurtrière garnie de treillis en barreaux de fer. Ces tours renfermaient, au premier étage, les prisons, et, au second, le logement du capitaine. Les fenêtres qui surmontent la porte ont conservé leurs meneaux de pierre en croix.
Aux trois pointes de l’enceinte triangulaire se dressent trois tours principales entre lesquelles on remarque sept tours intermédiaires. Sur la pointe la plus aiguë de la falaise s’élève la tour de l’Aigle (21 mètres d’élévation), de forme circulaire à l’Est et angulaire vers le Nord ; elle est flanquée d’une tourelle octogone dont l’escalier monte à ses deux étages. Le premier étage renferme une salle voûtée qui servait de chartrier, le second un vieux coffre en bois de chêne et deux pièces curieuses d’artillerie.

La tour du Lion ou du Diable, coupée droit du côté de la cour intérieure et de forme demi-circulaire au dehors de la place (ses murs mesurent en certains endroits jusqu’à 6 mètres d’épaisseur), contient un cachot souterrain dans lequel les habitants du pays prétendaient que le diable avait établi son séjour.
A l’angle Sud-ouest se dresse la tour Coquesart, exhaussée et reconstruite en grande partie au 15é siècle, entourée d’un large massif de noyers. Elle offre un aspect très pittoresque, avec sa couronne de mâchicoulis à demi ruinés, son manteau de lierres et de ronces, ses fenêtres à meneaux et ses tourelles dévastées. La tour Coquesart flanquait une porte du même nom, aujourd’hui murée.
L’angle Sud est défendu par la tour Carrée (20 mètres d’élévation), très délabrée, mais la partie la plus ancienne de ces belles ruines. Elle se compose de quatre étages, dont les deux premiers étaient jadis ornés de gracieuses peintures à fresque.

Les bâtiments ruinés de l’ancien manoir se voient dans l’intérieur de l’enceinte  ; ils sont adossés au rempart du Sud qui relie la tour Coquesart à la tour Carrée. On croit reconnaître dans ces ruines les débris de la chapelle, la chambre aux chevaliers et la grande salle. On y remarque deux cheminées dont l’une est fort simple, tandis que l’autre est décorée d’une frise et de chapiteaux très ornés, et deux porte en ogive garnies de filets à boudin.
La grande salle, ou bâtiment des grandes cheminées, renferme trois cheminées superposées et ornées de colonnes dont l’une figure un tronc d’arbre privé de ses branches, coupées à leur naissance. Ces cheminées se détachent en saillie sur une muraille en briques, remarquable par la beauté de sa construction.
Sur la grande terrasse , d’où l’on découvre une vue magnifique sur la Seine, les falaises qui se dressent à droite et à gauche, Quilleboeuf et les coteaux de la rive gauche du fleuve, s’élève le château neuf, vaste bâtiment en pierres de taille, dans un état de délabrement effroyable, bâti de 1709 à 1717 par Louis de la Tour-d’Auvergne, comte d’Evreux.


Itinéraire Général de la France, Normandie - 1866
Adolphe Joanne

château de Tancarville
La tour de l’Aigle du château de Tancarville vue des berges de la Seine © JCG




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