Carantilly


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Carantilly

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Carantilly
Le château de Carantilly © Ikmo-ned

Blottie au coeur du bocage Saint-Lois, à mi-distance de Saint-Lô et de Coutances, la commune de Carantilly, bordée par la rivière « Terrette », s’étire le long de la départementale 972, depuis l’ancien presbytère jusqu’au village du « Poteau », en passant par le centre bourg et le quartier de la gare qui résonne encore des flonflons de l’ancien Hôtel-Restaurant Bitouzé . D’apparence calme et paisible, rien à première vue ne laisserait à penser que cette charmante bourgade de Normandie, qui respire le bien-être, puise en fait ses racines dans une histoire, peu commune, remontant à la nuit des temps. Et pourtant ...

Fondée sur les vestiges d’une ancienne villa gallo-romaine, édifiée au début du premier siècle de notre ère, la commune de Carantilly relevait jadis du comté de Mortain. En 1065, Robert, comte de Mortain, fils de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d’Angleterre, vendit son fief de Carantilly à la famille de Soule « à charge de fournir 54 hommes pour monter la garde de nuit à la foire de Montmartin-sur-mer, et de faire chaque année 40 jours de garde à la Barre de Montfaurel » à l’entrée du château de Mortain.

En 1204, Ranulf de Soule suivit le parti de Jean sans terre, alors duc de Normandie et roi d’Angleterre. Le roi de France Philippe-Auguste confisqua, pour cette forfaiture, son fief de la Mazure, sis en Carantilly et Cametours, d’une valeur de 150 livres de revenu. Il laissa Guillaume de Soule paisible possesseur de son fief de la Corbetière.

D’après le Livre Noir de l’évêché de Coutances, la cure de Carantilly avait 105 livres de revenu en 1278. Il en était de même en 1350 d’après le Livre Blanc, mais le curé avait en outre un « manoir presbytéral » et six vergées de terre d’aumône qui furent vendues en 1791.

Une chapelle sous le vocable de Saint-Clair fut bâtie par le seigneur dans le cimetière du côté du nord vers la fin du XIVe siècle, car elle n’existait pas encore en 1350 , et en 1481 elle avait besoin d’importantes réparations. Dans leur délibération du 25 septembre 1481, à laquelle assistaient deux tabellions , les paroissiens de Carantilly déclarèrent « qu’ils ne sont aucunement tenus aux réparations de la chapelle Saint Cler ». Le seigneur était donc seul chargé de l’entretenir et de la doter. Le dernier chapelain fut M. Pierre Loyer, qui mourut en 1676, après l ‘avoir desservie pendant 35 ans.

1560 - 1574 - Les Huguenots qui avaient établi leurs prêches à Saint-Lo, à Soules , et à Cerisy-la-Salle , ravagèrent et ruinèrent toute notre contrée pendant 14 ans. Tout fut mis à feu et à sang par les Huguenots vainqueurs. Carantilly ne put échapper à ce désastre. En 1562, ils vinrent pendant la nuit piller l’Eglise. Une délibération du 31 mai 1857, relative aux rentes contestées, nous l’apprend en ces termes : « Les titres de la rente Guillote, de 4 boisseaux et demi de froment contredits, ont été brûlés et ravagés avec plusieurs autres renfermés dans le coffre du trésor de Carantilly, au temps des guerres civiles, et spécialement en 1562 que les biens de la dite église furent brûlés et ravagés nuitamment ; ce qui est notoire à un chacun ».

Vaincus à Saint-Lô par Matignon le 10 juin 1574, les protestants laissèrent Carantilly en paix pendant près d’un siècle. Le dimanche 3 février 1664, 7 ou 8 Huguenots de Cerisy s’en allaient au prêche de Gruchy, à la Chapelle-Enjuger. Au lieu de suivre le chemin, ils affectèrent de passer dans le cimetière, devant le portail ouvert, durant la grand’messe, sans ôter leurs chapeaux. Le vicaire Nicolas Lévilly, essaya de les rappeler à l’ordre. Mal lui en prit : ils l’assommèrent sur place « dont il y eut grand trouble au service divin » ce qui se comprend. Une sentence rendue à Coutances le 8 février suivant par Gilles Guérin d’Agon, lieutenant général du Cotentin, n’infligea aucune peine ni amende aux criminels, mais elle leur enjoignit « sous peine de la vie, de ne commettre à l’avenir, de fait ni de parole, aucune injure aux prêtres de Carantilly ; de ne point passer dans le cimetière ; et de se mettre à genoux le chapeau hors la tête lorsqu’ils passeront devant un prêtre portant le Saint-Sacrement ».

1675 - Il nous est impossible, faute des documents brûlés en 1562, de préciser la date de la première fondation des Petites Ecoles de Carantilly. Nous savons seulement que l’école des garçons possédait une rente de 36 livres dès 1675, et que M. Julien Chardin, prêtre, exerça les fonctions de maître d’école de 1666 à 1718. Ses successeurs furent Thomas Huault, Joseph Bazire et autres. – Le 20 août 1796 , la République vendit la maison de l’école des garçons de Carantilly, composée d’une maison, salle, chambre, grenier et cellier, et cinq perches de jardin, à un habitant de la commune pour le prix de 500 fr.

1709 - Le 21 juillet 1709, Olivier Rihouey et ses fils, menuisiers à Carantilly, s’engagèrent à « faire la contretable du maître-autel pour 250 fr ». La seigneurie de Carantilly fut possédée successivement par les comtes de Mortain, puis par les nobles familles « de Soule », de Gourfaleur, du Bois-Davy, et enfin par la noble famille « de Mons » dont un membre, M. Charles de Mons, avait épousé Mlle Marie du Bois en 1563. Parmi les membres qui ont illustré la famille de Mons, nous citerons Jean de Mons, grand Bailli du Cotentin de 1484 à 1496, Thomas de Mons, lieutenant au Présidial de Coutances (ainsi que son père et son aïeul), mort à l’âge de 89 ans le 6 septembre 1775 laissant de très savants ouvrages manuscrits, après avoir exercé ses fonctions pendant 55 ans ; et Julien de Mons, prêtre, grand vicaire du Diocèse de Coutances, martyr de la foi, guillotiné le 21 juillet 1794.

1791 - 1800 - Pendant 9 ans et 3 mois , du 21 mai 1791 au 29 août 1800, aucun prêtre catholique ne peut entrer dans l’église de Carantilly pour y célébrer la sainte Messe ou pour y administrer les Sacrements. Seuls, les prêtres constitutionnels ou jureurs en eurent l’entrée, sauf pendant 3 ans et 3 mois qu’elle fut complètement fermée à tout culte du 7 avril 1794 au 2e dimanche de juillet 1797 (9 juillet 1797). L’église profanée servit alors de Temple à la déesse Raison.
L’église fut dépouillée de tous ses ornements pendant cette période sinistre. Le 2 avril 1794, tous les vases sacrés servant à l’église furent envoyés à Saint-Lo qui s’appelait alors le « Rocher de la Liberté ». Le 23 avril 1794 (3 floréal An II) six habitants de Carantilly reçurent sommation « d’avoir à ôter du Temple de la Raison tous les tableaux, figures et emblèmes portant à la superstition ». Le 13 juin suivant, un arrêté statua que « tous les ornements, les linges et les livres servant au ci-devant culte catholique, restés encore dans la c-devant église, seraient transportés dans le délai de six jours au Rocher de la Liberté ».

Les prêtres fidèles à leur foi étaient traqués avec plus d’acharnement qu’on ne le ferait pour des bêtes sauvages. Leur tête était mise à prix. La loi des 21 et 22 octobre 1793 portait que « tout prêtre réfractaire c’est à dire n’ayant pas prêté serment schismatique, serait puni de mort ; toute personne qui lui aurait donné asile sur le territoire français subirait la même peine, et ses biens seraient confisqués ». La guillotine établie en permanence par toute la France pendant la Terreur prouvait que cette loi n’était pas lettre morte. Carantilly eut le bonheur de compter sept prêtres fidèles dont la mémoire sera éternellement bénie pour le bien qu’ils firent dans toute la contrée. Cachés pendant le jour dans des greniers, dans des granges ou au fond des bois, ils ne sortaient que la nuit, déguisés, pour aller dans les maisons où ils étaient appelés à célébrer la sainte messe, administrer les sacrements et consoler les mourants.

Patrimoine & Musées de la Commune de Carantilly

Ancien Presbytère.
Château.
Demeures anciennes.
Eglise Notre-Dame.
Etang et abords.
...

Personnalités Carantillaises

Pierre Gosset, prêtre réfractaire (1764-1844).
François-Germain Lerouvillois, curé de Carantilly (1784-1791).
Angélina et Ferdinand Huault, Justes parmi les Nations.

étang de Carantilly
L’étang de Carantilly © JCG
Ancien Presbytère de Carantilly
La façade de l’ancien Presbytère de Carantilly © JCG
Tête de Méduse - Fronton de la porte d'entrée de l'ancien Presbytère de Carantilly
Tête de Méduse - Fronton de la porte d’entrée de l’ancien presbytère de Carantilly © JCG
La Mairie et l'école communale de  Carantilly
La Mairie et l’école communale de Carantilly © JCG
Le château de Carantilly
Le château de Carantilly © JCG
La Gare de chemin de fer de Carantilly
La Gare de chemin de fer de Carantilly © JCG
Hôtel Restaurant Bitouzé à Carantilly
Enseigne de l’ancien Hôtel-Restaurant BITOUZE de Carantilly © JCG
Enseigne de l'Hôtel-Restaurant La Cocotte Gourmande
Enseigne de l’Hôtel-Restaurant « La Cocotte Gourmande » © JCG




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