La Périssoire d’Etretat


mots cléMots clé :

Etretat

|

périssoire cauchoise
Périssoire cauchoise réalisée par Jean-Marc Lecomte © JCG

Bien que vénérable centenaire, elle n’a pas pris une ride et suscite toujours le même engouement et la même curiosité de la part du public. Objet mythique, figure emblématique de la Côte d’Albâtre, la périssoire d’Etretat, dite aussi périssoire cauchoise, née à la fin du 19ème siècle, connaîtra ses heures de gloire de la « Belle Epoque » jusqu’à la fin des années 1960.

C’est en 1887 que la première périssoire, réalisée à la demande d’une jeune femme du nom de Cazavan, sort de l’atelier de menuiserie Chambrelan d’Etretat. Jouant dans les vagues, se prêtant à merveille à la pêche de loisir, elle épouse les lignes générales et le mode de construction des Doris, autres bateaux typiques du Pays de Caux ; exception faite du pont et du cockpit. Construite de manière traditionnelle, en pin ou en sapin du nord, sur un chantier en forme, ses bordés étaient autrefois assemblés à l’aide de clous galvanisés, voire sommairement collés. Malgré son poids et le manque d’étanchéité de sa coque, expliquant la présence d’un trou de navigation sur la quasi totalité des modèles produits, la périssoire cauchoise, dont la réalisation nécessitait jusqu’à soixante d’heures de travail n’en restera pas moins le jouet favori d’une petite bourgeoisie locale et d’une poignée de riches propriétaires.

Embarcation de plaisance, longue et étroite, ancêtre du Kayak sit-on-top , d’une longueur d’environ quatre mètres et d’un poids avoisinant la centaine de kilos, la périssoire cauchoise, se déclinait en version monoplace et biplace. Généralement peinte aux couleurs des volets de la villa de leurs heureux propriétaires, chacune d’entre elles était, de ce fait, aisément identifiable. Manœuvrée à l’aide d’une pagaie double, réalisée en bois mal drégrossi, son maniement réclamait une excellente condition physique. Objet de tous les défis, c’est coque suiffée qu’elle dévalait jadis, à vive allure, la plage de galets d’Etretat avant de terminer sa course folle dans d’énormes gerbes d’eau. Objet d’exploits sportifs les plus extravagants, Marie Marvingt, la « fiancée du danger », écrira une des plus belles pages de son histoire en remportant le premier prix de périssoire debout à Etretat en 1905 .

Chère au cœur des Etretatais, la périssoire d’Etretat, produite artisanalement jusqu’au début des années 1980, bien que passée de mode, n’en continue pas moins à susciter les passions. C’est ainsi que, soucieux de la transmission et de la préservation de notre patrimoine maritime régional, une bande « d’allumés » , regroupés au sein de l’Association « l’Amirauté » créée en 1990 par Philippe Bizot, Benoît Maillard et Philippe Poullain, se sont donnés pour objectif d’en relancer la construction et d’en assurer la promotion auprès du grand public, à l’occasion d’expositions et de rassemblements nautiques .

périssoire cauchoise
La périssoire cauchoise de Jean-Marc Lecomte © jm-sculptures
périssoire cauchoise
Périssoire cauchoise à Saint-Valéry-en-Caux © jm-sculptures
périssoire cauchoise
Périssoire cauchoise à Saint-Valéry-en-Caux © jm-sculptures




9206 vues
Evénementiel, Agenda
Evénementiel, Agenda culturel et festif ...
Météo Normandie
Actualités & Prévisions Météo en Normandie ...
sites et blogs normands Annuaire des sites et des blogs normands ... gastronomie, restaurants, cafés de pays Restaurants et Cafés de Pays en Normandie ...
sortir, rendez-vous Rendez-vous annuels et périodiques normands ... fiches recettes, cuisine normande Recettes et Spécialités de Normandie ...
Page d'accueil imprimer la page fil rss Mentions légales Système de Gestion de contenu spip(3.0.17) - Tous droits de diffusion et de reproduction réservés
Copyright © normandie-heritage.com - Marque déposée ®