Normandie Héritage

La Gournay.
La Bresse normande


Auteur : Normandie Héritage

Mots clé :

Gournay-en-Bray

|

Pays de Bray

|

Pays de Caux

|

Races avicoles normandes

|

Poule et coq de race Gournay © Jean-Claude Girard Poule de race Gournay © JCG Poule de race Gournay © JCG Oeufs de Cotentine et de Gournay © JCG

Cette race locale ancienne, originaire de Gournay en Bray , bien présente dans le pays de Bray, de Caux et dans une moindre mesure en proche Picardie, serait apparue en Normandie au milieu du 14ème siècle, à la même époque que la Crèvecœur, la Merlerault, la Caumont et la Pavilly. Poule de plein air, aux qualités unanimement reconnues, prisée pour son élégance, sa rusticité, la finesse et la saveur de sa chair, la Gournay, communément appelée "Bresse Normande", bien qu’assez piètre couveuse, n’en demeure pas moins une excellente pondeuse .

Une légende dit que, jadis, au cours d’un hiver froid et rigoureux, une paysanne du pays de Bray aurait couvert de suie le plumage blanc immaculé de ses poules, les faisant passer pour des corbeaux, afin d’échapper à l’impôt seigneurial. La neige tombant à gros flocons, ces volatiles, tout de noir vêtus, se seraient vus, en peu de temps, recouverts d’un splendide manteau, noir tacheté de blanc, donnant ainsi naissance à la race de Gournay.

Admise au standard officiel des races fermières en 1924, cette volaille de chair, à l’allure vive et décidée, d’un poids minimum de 2,5 kg chez le coq et de 2 kg chez la poule, dont le plumage serré, noir caillouté blanc, n’est pas sans rappeler celui des races de Mantes et d’Houdan, est aisément reconnaissable — exception faite de la queue du coq pourvue grandes faucilles — à sa taille relativement modeste, à ses formes arrondies, à son bec rose et noir jaspé de blanc, à ses yeux couleur jaune orangé, à sa face, à sa crête simple et droite, légèrement tombante, toutes deux d’un rouge intense, à ses barbillons arrondis et à ses oreillons ovales, de couleur blanche, parfois tachetés de rouge.

En régression à la veille du premier conflit mondial de 1914, menacée par le développement de l’élevage intensif, cette race patrimoniale unique a bien failli disparaître à jamais au cours des décennies suivant la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La race de Gournay, qui a depuis colonisé d’autres contrées de Normandie, dont le bocage Virois et Saint-Lois, doit son salut à une poignée de passionnés qui, à partir des années 1970, se sont mobilisés pour préserver l’espèce et, plus récemment, au début des années 2000, à diverses associations locales, au Club pour la Sauvegarde des races normandes et aux Conservatoires Avicoles Normands qui , désormais, veillent à sa sauvegarde et à sa réhabilitation.