14 octobre 1066 : la bataille de Hastings


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Bataille de Hastings

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Conquêtes Normandes

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Guillaume le Conquérant

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La bataille d'Hastings
14 octobre 1066 - La bataille d’Hastings - Huile sur toile de Tom Lovell

Plus qu’une bataille, Hastings fait partie de ces moments historiques dont la portée dépasse l’imaginaire. Hastings signe l’acte de naissance d’une civilisation anglo-normande, un mélange de traditions normandes et saxonnes, un héritage commun dont sont issues l’Angleterre et la Normandie d’aujourd’hui.

« Je parle au nom d’un très vieux pays fondé en 1066 par les Français ... ». C’est par cette petite phrase assassine que, le 11 février 2003 au siège de l’O.N.U à New York, Jack Straw débutait son intervention visant à répondre à Dominique de Villepin, opposé à toute action militaire en Irak. Le Ministre des Affaires Etrangères de Grande-Bretagne, non sans ironie, jouait, sciemment, sur les mots . Il ne pouvait en effet ignorer, et n’ignorait pas, que la conquête de l’Angleterre n’était pas le fait des Français mais de Guillaume le Conquérant, fin stratège, habile diplomate et futur roi d’Angleterre, qui régnait alors sur un état puissant et indépendant du nom de Normandie.

Hastings - 14 Octobre 1066 - 5 heures 30 du matin

Le jour se lève sur Hastings. L’armée saxonne conduite par le roi Harold, qui avait la veille établi son campement sur la colline de Caldbec à quelques kilomètres au nord-ouest d’Hastings, s’installe sur la colline de Senlac. Vers 6 heures du matin, après une messe dite par l’évêque de Coutances, Guillaume de Normandie, flanqué de son porte-étendard, donne l’ordre à son armée de marcher vers le champ de bataille. Arrivé sur place, Guillaume, qui projetait d’attaquer l’ennemi avant qu’il ait eu le temps de se mettre en ordre de bataille, ne peut que constater que l’armée de Harold est déjà solidement retranchée sur la colline de Senlac ; les housecarles, combattants d’élite de l’armée saxonne, postés en première ligne et armés de leurs grandes haches, formant un mur de boucliers infranchissable.

Soutenue sur son aile droite par des Français et des Flamands et, sur sa gauche, par un contingent de Bretons, l’armée normande se déploie au pied du monticule occupé par l’armée adverse distante de quelques centaines de mètres. Les lignes normandes qui s’étendent sur près de huit cents mètres de long comptent environ un millier d’archers, quatre mille combattants à pied, armés de piques et de javelots, pour la plupart vêtus du haubert constitué d’une seule pièce, d’un casque métallique de forme tronconique muni d’un nasal plat et d’une cotte de maille descendant jusqu’aux genoux tel que représenté sur la Tapisserie de Bayeux. En dernière ligne, les chevaliers normands, au nombre de deux mille cinq cents, sous le commandement du duc Guillaume en personne, complètent le dispositif.

C’est, vers 9 heures du matin, par des nuées de flèches décochées par les archers normands , que commence un des plus fabuleux combats du Moyen-Age. Les flèches ne pouvant pénétrer efficacement les défenses saxonnes, les archers, qui prendront un peu plus tard part au combat décisif, laissent place au premier assaut des fantassins.

Les combattants à pied commencent à gravir les pentes de la colline de Senlac. Les Bretons sont les premiers à entrer en contact avec les lignes saxonnes. Leurs piques et javelots s’avèrent inefficaces face à la muraille de boucliers des grands housecarles, restée intacte, et à la pluie de projectiles qui s’abat sur eux. Mis en difficulté, menacé d’encerclement, le contingent breton recule en désordre déstabilisant l’ensemble du corps de bataille. La retraite des Bretons tourne rapidement à la déroute.

Guillaume, accompagné de quelques compagnons, reprend en main ses troupes quand un javelot lancé par Gyrth, le frère d’Harold, atteint mortellement son cheval. Aussitôt la rumeur se répand sur tout le champ de bataille. Guillaume serait mort. En fait, vite relevé et de nouveau à cheval, relevant son casque et montrant son visage à tous, coupant ainsi court à la rumeur, il repart au combat.

Les Dés Sont Jetés

Les Saxons croyant leur heure venue, s’étant, entre temps, jetés à la poursuite des fuyards, quittent imprudemment leurs positions à flanc de colline. Fin stratège, Guillaume profitant de cette erreur tactique, ordonne une charge éclair de sa cavalerie contre les poursuivants qui, rapidement encerclés, sont tués ou mis hors combat. Manœuvre volontaire, décidée en haut lieu par Harold réputé pour son caractère impulsif , ou réaction spontanée : cette contre-attaque, quelle qu’en soit la cause, marque le tournant de la bataille de Hastings.

Après plusieurs assauts menés par les chevaliers normands dont bons nombres se solderont par un échec , le front ennemi, jusque là invincible, montre enfin les premiers signes de faiblesse. En fin d’après-midi, après un dernier tir nourri des archers normands, les fantassins partent une dernière fois à l’assaut de la colline. Attaquée de front, débordée sur ses ailes, l’armée saxonne, submergée de toutes parts, se replie en désordre laissant Harold mort sur le champ de bataille. C’est à la nuit tombée, par une ultime tentative désespérée de quelques housecarles postés en embuscade au lieu-dit « le Meaufossé », situé en contrebas de la colline de Caldbec, que s’achève la bataille d’Hastings.

Au soir du 14 octobre 1066, alors que Guillaume de Normandie voit s’ouvrir, devant lui, la route de Londres, Harold, ses deux frères, et la fine fleur de la noblesse saxonne gisent sans vie sur le champ de bataille. Le lendemain, Gytha, veuve de Godwin, viendra réclamer le corps de son fils en échange de son poids en or. Nul ne peut dire ce qu’il advint réellement de la dépouille du roi Harold. Selon les dires de Guillaume de Malmesbury , Guillaume refusera l’or et remettra le corps de Harold à sa mère pour qu’il soit inhumé dans l’église Sainte-Croix de Waltham qu’il avait fondée quelques années auparavant. Selon John Pollock, le corps de Harold aurait été inhumé dans l’église de Bosham, ce que démentent d’autres sources qui affirment que Guillaume l’aurait fait enterrer là où il avait trouvé la mort, c’est à dire à l’endroit même du maître autel du prieuré de Battle construit sur ses ordres, quelques années plus tard.

La Mort du Roi Harold

La mort du roi Harold, survenue vraisemblablement vers la fin de l’après-midi de ce 14 octobre 1066 , dont nul ne connaît les circonstances exactes, reste encore à ce jour un mystère. La Tapisserie de Bayeux, sur laquelle figure, sous la légende « « Hic Harold Rex interfectus est » , une scène représentant, en avant-plan, un guerrier saxon tentant d’extraire une flèche fichée dans l’oeil, suivie d’un cavalier normand tuant d’un coup d’épée un autre Saxon tenant une hache à la main, semble mettre en évidence le personnage blessé par une flèche et tend à accréditer une des thèses les plus souvent mentionnées : Harold aurait été tué d’un trait de flèche dans l’oeil.

Beaucoup plus vraisemblable, si l’on se réfère au poème sur la Bataille de Hastings, Harold, le dernier roi saxon, serait mort sous les coups de chevaliers normands, les armes à la main. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ceci ne contredit en rien ce qui a été dit précédemment, si l’on considère que la flèche plantée dans l’œil pourrait représenter, de manière symbolique, le parjure de Harold.



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