Normandie Héritage

Les Bisquines de Normandie. 


Auteur : Normandie Héritage

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Baie du Mont-Saint-Michel

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Granville

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Saint-Vaast-la-Hougue

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La Granvillaise G90 sous voiles © Jean-Claude Girard Etrave et bout-dehors de la Granvillaise G90 © JCG Tableau arrière de la Granvillaise G90 © JCG Pied de mât de la Granvillaise G90 © JCG Pont et cabine de la Granvillaise G90 © JCG Barre  franche de la Granvillaise G90 © JCG Bisquine l'Ami Pierre LH 196 © CNBSV Bisquine l'Ami Pierre LH 196 © CNBSV

Le plus souvent conçues de manière empirique, faute d’écrits et de dessins, les premières Bisquines, bateaux de travail puissants, faciles à échouer, gréés à la manière des biscayennes, chaloupes de pêche originaires de la Baie de Biscaye, font leur apparition le long des côtes de Normandie dans la seconde partie du 18ème siècle. Construites à partir d’une coque en chêne bordée sur couples, reposant sur une quille également en chêne, voire en orme ou en hêtre, les Bisquines se distinguent des autres navires de l’époque, par leurs impressionnantes mensurations et leur mâture flanquée d’une imposante voilure surmontée de huniers.

Bonne à tout faire, pontée ou non à tableau ou à cul rond , produite jusqu’à la fin du 19ème siècle par les chantiers navals de Courseulles-sur-mer , Sallenelles, Caen, Langrunes, Saint-Vaast-la-Hougue, Barfleur et Granville, la Bisquine s’impose rapidement comme l’outil idéal tant pour le cabotage, que pour la pêche hauturière, du hareng et du maquereau, que la pêche au bau , à la coquille et à la drague des huîtres sauvages.

Si la Restauration marque la renaissance du commerce maritime, du cabotage et de la pêche en général, c’est sous le Second Empire, et jusqu’au début des années 1890, qu’elle connaît son heure de gloire. La construction navale et la pêche favorisent le développement d’une économie locale autour de laquelle gravitent ateliers de voilerie, de cordiers, de forge, de tournage du bois et de fabrication de paniers à huîtres. Les régates entre ports, ou catégories de bateaux, encouragées par l’administration et destinées à stimuler la créativité et la concurrence entre charpentiers de marine, fleurissent un peu partout le long du littoral normand. Le 28 août 1860, face au port d’Arromanches, plus de 10.000 spectateurs assistent enthousiastes à l’une des plus grandes régates de l’Histoire mettant en compétition les équipages de trois Bisquines de Courseulles et de cinq barques chalutières de Port-en-Bessin et de Grandcamp ; régate mémorable suivie, le 13 octobre 1878, par un second affrontement, tout aussi spectaculaire, devant Courseulles-sur-mer.

Au fil des années, concepteurs et constructeurs normands, rivalisant de talent et d’imagination, font peu à peu évoluer les structures et la forme générale des Bisquines comme en témoignent les impressionnantes collections de dessins et de demi-modèles , sculptés dans la masse ou réalisés à l’aide de planchettes, dévoilés au public lors d’expositions nationales et internationales, aujourd’hui propriété de particuliers ou conservés précieusement dans des Musées

A la fin du 19ème siècle, l’avènement du chemin de fer, la construction de navires à structure métallique et le déclin de la ressource en huîtres sauvages sonnent, malheureusement, le glas du cabotage, des pêches salées et des navires en bois désormais réservés à la pêche côtière et à la plaisance. Vers 1890, les pêcheurs de Saint-Vaast-la-Hougue et de Barfleur abandonnent les Bisquines au profit des sloops cordiers, les « bautiers » dits aussi « Cordiers du Cotentin », plus faciles à manœuvrer. Les Bisquines désarmées, mises à la casse ou vendues, notamment en Bretagne, tirent peu à peu leur révérence avant de s’évanouir définitivement dans l’aube naissante du 20ème siècle.

Des Bisquines de Normandie, seuls « l’Ami Pierre » et « La Granvillaise G90 » , voiliers emblématiques du patrimoine maritime normand, respectivement dessinés par Pierre Fichaux et Louis Julienne , perpétuent de nos jours le souvenir d’une époque révolue où les « caravanes » de Bisquines, sortant du port de Granville, rejoignaient leurs lieux de pêche, toutes voiles dehors.

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