Paul Cornu, De l’Hélicoplane à l’Hélicoptère


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Lisieux

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Paul Cornu

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hélicoptère Paul Cornu
13 novembre 1907 - Appareil bi-rotor Paul Cornu monté par son inventeur et constructeur

C’est en Normandie, à Coquainvilliers près de Lisieux, que le 13 novembre 1907, s’est déroulé le premier vol libre d’un homme à bord d’un hélicoptère. Pour la première fois, une machine volante, d’un poids de 260 kilos, propulsée par un moteur Antoinette de 24 chevaux entraînant deux hélices horizontales de six mètres de diamètre, quitte le sol avec, à son bord, son pilote et inventeur, Paul Cornu .

Né le 15 juin 1881 à Glos-la-Ferrière dans le département de l’Orne, bricoleur de génie , dessinateur hors pair, c’est avec un simple certificat d’études en poche, qu’en 1905 Paul Cornu entre de plain-pied dans la légende de l’aviation, au même titre que Clément Ader, les frères Wright, Louis Blériot , Henri Farman, Bréguet et Maurice Léger . Caressant le rêve de remporter le prestigieux prix Deutsch-Archdeacon de 50000 francs qui récompensera le premier vol en circuit fermé, Paul Cornu, qui tient un atelier de mécanique et de cycles à Lisieux, conçoit et met au point un modèle réduit à voilure tournante, animé par un moteur Buchet de 2 chevaux, sustenté par deux rotors en tandem de 2,25 m de diamètre, dont les essais prometteurs réalisés en 1906 l’encouragent à passer de la phase d’expérimentation au prototype grandeur nature.

L’appareil de 1906 se composait (...) d’un moteur à pétrole de 2 chevaux. Un cylindre actionnait par une courroie unique deux hélices de 2 m. 25 de diamètre tournant en sens inverse. Le châssis était formé d’un tube d’acier de 30 millimètres de diamètre et de 5/10 de millimètre d’épaisseur, armé par des cordes à piano. Les hélices et les plans inclinables disposés sous ces dernières pour recevoir l’air refoulé par elles et assurer l’avancement de l’appareil, sont de toile tendue sur des armatures en tubes d’acier de 2/10e et soudés à l’étain. La transmission, brevetée, était obtenue par courroie plate d’un seul bout et c’est à cette disposition que les inventeurs attribuaient le bon rendement de leur appareil. Le poids de ce dernier en ordre de marche était de 13 kilog. 750. La sustentation était obtenue quand les hélices atteignaient 30 tours à la minute ; à ce moment le moteur développait 1 cheval ½. L’avancement horizontal était obtenu par les deux plans en toile placés sous les hélices ; le courant d’air refoulé par les hélices agissant sur ces plans, on obtenait en moyenne une poussée de 2 kilog suffisante pour le déplacement de l’appareil à 20 kilomètres à l’heure. Les expériences faites ont été des plus concluantes. L’appareil s’est élevé verticalement, de ses propres forces, à une hauteur de trois mètres. Les plans ayant été inclinés, l’appareil a franchi horizontalement, sans arrêt et sans heurt un cercle de 25 mètres environ. (Le Lexovien du 6 octobre 1906).

C’est à bord d’un appareil bi-rotor de sa conception, de 6 mètres de diamètre et pesant 260 kg, constitué d’une structure tubulaire reposant sur quatre roues supportant un longeron pourvu, à chaque extrémité, d’un rotor à rotation inversée mû par des courroies reliées à un moteur Antoinette de 24 chevaux, positionné dans le prolongement du poste de pilotage , que dans la matinée du 13 novembre 1907 Paul Cornu réussit l’incroyable exploit de s’élever d’une trentaine de centimètres du sol l’espace d’une vingtaine de secondes ; un exploit renouvelé au cours de cette même journée où sa machine, non entravée, atteint une hauteur de 1,50 m, emmenant au passage un des frères du pilote .

Le 13 janvier 1908, Henri Farman effectue le premier vol en circuit fermé de l’histoire de l’aviation à bord d’un aéroplane Voisin. Son rêve évanoui, sa motivation n’est en pas pour autant entâmée. Conscient des insuffisances de sa machine, tenant compte de l’expérience acquise, Paul Cornu oriente ses travaux vers la construction d’un nouvel appareil , l’Hélicoplane, qu’il présente en décembre 1908 à l’occasion de l’ exposition internationale de la locomotion aérienne de Paris dans l’espoir de décrocher un financement lui permettant d’entreprendre la construction d’un autre aéronef incorporant un mécanisme de variation cyclique d’incidence des hélices. Aucun mécène ne répondant à son appel, c’est l’échec. Paul Cornu abandonne définitivement ses travaux en 1910. Il faudra attendre l’Argentin Raoul Pateras Pescara de Castelluccio , le Français Etienne Oehmichen et le marquis Raoul Pateras Pescara au début des années vingt, Louis Breguet et René Dorand, Heinrich Focke, Anton Flettner et Igor Sikorsky dans les années trente pour enfin voir voler les tous premiers hélicoptères dignes de ce nom.

De retour à Lisieux, Paul Cornu reprend ses activités dans son atelier de cycles et de mécanique, non sans garder un intérêt prononcé pour tout ce qui touche à l’aviation. Après la Grande Guerre, il se lance dans la fabrication de postes de TSF avant d’être requis comme tourneur dans une usine d’armement en 1939. Victime des bombardements alliés qui les 6 et 7 juin 1944 réduisent la ville de Lisieux à l’état de ruines, Paul Cornu disparaît emportant avec lui ses plans et maquettes. De cette formidable aventure, seuls subsistent de nos jours, le souvenir et quelques documents, arrachés à la proie des flammes, visibles au Musée d’Art et d’Histoire de Lisieux.

Paul Cornu étant unanimement reconnu pour son rôle de précurseur dans le domaine de l’hélicoptère, le monde de l’aéronautique se devait de lui rendre un vibrant hommage à l’occasion des cent ans de l’hélicoptère célébrés en 2007 et notamment en France comme le firent le Cercle aéronautique de l’ESTACA et La Poste ; le premier en présentant au grand public une réplique fidèle de son bi-rotor de 1907 dans la cour du Musée du Louvre et au Bourget lors du Salon de l’Aéronautique et de l’Espace, la seconde en émettant un timbre commémoratif représentant un hélicoptère dernier cri côtoyant celui de Paul de Cornu, rappelant le formidable exploit réalisé un beau jour de novembre 1907, au coeur du Pays d’Auge, à proximité de l’usine de la Goulafrière à Coquainvilliers .

Paul Cornu
Paul Cornu et la maquette de son hélicoptère devant son atelier à Lisieux
Paul Cornu
13 novembre 1907 - Paul Cornu aux commandes de son appareil © BM Lisieux
Paul Cornu
13 juin 1907 - L’hélicoptère de Maurice Léger
Paul Cornu
1921/1925 - Les hélicoptéres 2R et 2F du Marquis Raul Pateras-Pescara
Paul Cornu
1929 - L’hélicoptère d’Oszkár Asbóth
Paul Cornu
7 octobre 1943 - Igor Sikorsky aux commandes du VS-300A




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