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La Tapisserie de Bayeux

Normandie Héritage
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Réalisée à la demande d’Odon, évêque de Bayeux, demi-frère de Guillaume le Conquérant et Comte de Kent, au lendemain de la conquête de l’Angleterre par les Normands, la tapisserie de Bayeux, appelée aussi Telle du Conquest , était , à l’origine, destinée à être exposée dans la Cathédrale Notre-Dame de Bayeux consacrée le 14 juillet 1077.

La Tapisserie de Bayeux, une "bande-dessinée" souvent commentée, rarement racontée

Composé de neuf lés de toile de lin de différentes longueurs, hauts de cinquante centimètres, assemblés par surfilage, ce joyau du patrimoine normand qui mesure en tout 70,34 mètres de long et conte, avec la précision du détail, cette incroyable épopée, ne compte pas moins de 49 arbres, 41 bateaux et barques, 37 forteresses et édifices, 202 chevaux et mulets, 55 chiens, 505 animaux de différentes espèces, 626 personnes et ... une comète .

Cette broderie, exécutée au point lancé et couché dit point de Bayeux à partir de huit teintes de laines différentes , aux contours réalisés au point de tige, bien que mentionnée sous le nom de Tapisserie de la Reine Mathilde, dans les écrits du 18ème siècle de Bernard de Montfaucon, a selon toutes vraisemblances été réalisée en Angleterre, dans un monastère de la région de Winchester ou de Canterbury.

Malgré son étonnant état de conservation, ce chef d’oeuvre du Moyen Age, le plus visité de Normandie avec le Mont Saint-Michel, inscrit depuis le mois de juin 2007 au registre Mémoire du Monde de l’UNESCO , a connu bien des vicissitudes au cours des siècles écoulés. En 1105, au cours du siège de la ville par Henri 1er Beauclerc, la Cathédrale de Bayeux est partiellement détruite par un incendie. Par chance, la crypte, les deux tours occidentales et la Tapisserie échappent à la destruction comme l’atteste l’inventaire du Trésor de la Cathédrale Notre-Dame de Bayeux dressé en 1476 qui fait mention « d’une tenture, longue et étroite, suspendue autour de la nef le jour de la fête des Reliques , sur laquelle est brodée une série de figures et d’inscriptions représentant la conquête de l’Angleterre ».

Oubliée pendant près de trois siècles, après avoir survécu à la Guerre de Cent Ans et aux luttes opposant Calvinistes et Catholiques, c’est sous la forme d’un croquis qu’on lui remet que la Tapisserie de Bayeux attire l’attention d’Antoine Lancelot, membre de l’Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres, au cours de l’année 1729. Intrigué, Lancelot écrit à Caen. Sa lettre restée sans réponse, se demandant si l’original existe encore, pensant qu’il a été détruit en même temps que le tombeau de Guillaume le Conquérant ravagé par les protestants en 1562, il suspend temporairement ses recherches. C’est finalement un moine bénédictin du nom de Bernard de Montfaucon qui , sur les précieuses indications du prieur de l’Abbaye de Saint-Vigor, redécouvre la Telle du Conquest qu’il décrit, dans l’édition en 5 volumes de ses Monuments de la Monarchie française parue en 1734. Cet ouvrage impressionnant, traduit en latin, en anglais et en allemand, rencontre un succès retentissant tout en suscitant l’intérêt de nombreux spécialistes d’art et d’histoire d’alors pour la Tapisserie de Bayeux .

Comme de nombreux trésors du patrimoine normand, mis à mal au moment de la révolution française , la Tapisserie de Bayeux a bien failli disparaître à jamais dans l’indifférence générale. En 1792, des volontaires bayeusains en partance pour le front manquant de toile pour couvrir le chariot dans lequel ils avaient entassé leurs bagages, s’emparent de la Tapisserie entreposée dans la sacristie du Chapitre. Au moment où le convoi s’apprête à quitter la ville, un homme du nom de Lambert-Léonard Leforestier, avocat à Bayeux, leur intime l’ordre de stopper leur attelage et de lui remettre séance tenante la Tapisserie qu’il enferme sur-le-champ dans son cabinet. Deux ans plus tard, en 1794, confiée à la Commission des Arts du district de Bayeux chargée de sa conservation, il s’en faudra de peu qu’elle ne soit découpée en bandelettes destinées à décorer un char devant participer à une fête civique.

En 1803, la Tapisserie devient, malgré elle, objet de popagande. Sur ordre du Premier Consul, Napoléon Bonaparte, qui projette d’envahir l’Angleterre, la Tapisserie est transférée à Paris. Dominique Vivant, baron Denon, directeur général du Musée Central de la République, la fait exposer six mois durant dans la Galerie Apollon du Louvre afin de « susciter la passion et l’enthousiasme général du peuple », avant de la restituer à la municipalité de Bayeux, qui la dépose à la bibliothèque du Collège puis à l’Hôtel de Ville.

Sous la Restauration, en 1817, un dessinateur du nom de Charles Stothard, membre de la Société des Antiquaires de Londres, est envoyé à Bayeux pour l’étudier et en faire un relevé aussi fidèle que possible . Il y séjournera pendant deux ans au cours desquels, inspectant chaque trace d’aiguille à la loupe, il parviendra à reconstituer des tracés et des inscriptions latines disparus ; une découverte précieuse qui conduira à une première remise en état effectuée à Bayeux au cours de l’année 1842 ; année où la tapisserie sera rendue accessible au public dans une des salles de la Bibliothèque de la ville.

En 1885, en pleine époque Victorienne, Elisabeth Wardle, épouse d’un riche industriel britannique et Présidente de la Leek Embroidery Society, avec l’appui de Sir Philip Cunliffe-Owen, directeur du Musée de Kensington, et l’autorisation du Maire de Bayeux, fait réaliser une réplique de la Tapisserie de Bayeux exposée, depuis 1895, près de Londres, au Musée de Reading.

Mise à l’abri en 1870 et en 1914, la Tapisserie de Bayeux devient objet de convoitise au cours de la Seconde Guerre Mondiale où elle échappe à l’Ahnenerbe chargée du pillage des oeuvres d’art dans les pays occupés par l’Allemagne Nazie. Transportée dans un premier temps à Manceaux-en-Bessin puis à l’abbaye de Mondaye, elle est étudiée par des scientifiques allemands dont Herbert Jankuhn, archéologue membre de l’Ahnenerbe et Karl Schlabow, directeur du musée d’Histoire du Costume traditionnel germanique de Neumünster. Mise à l’abri au château de Sourches dans la Sarthe, servant de lieu de dépôt des œuvres d’art des musées nationaux, la Tapisserie est transférée au Louvre le 27 juin 1944 sur ordre d’Himmler. Le 15 août 1944, suite à un ordre venu de Berlin, Dietrich von Choltitz, commandant de la place de Paris, se rend au Louvre pour s’enquérir de sa présence dans les locaux du Musée auprès de Jacques Jaujard, directeur des Musées Nationaux. Quelques jours plus tard, le 21 août 1944, en pleine insurrection parisienne, deux officiers SS, venus spécialement de Berlin, échouent dans leur tentative d’enmener avec eux la Tapisserie en l’Allemagne . Paris libéré, la Telle du Conquest est exposée dans la galerie des primitifs italiens jusqu’en décembre 1944 avant de regagner définitivement la Normandie le 2 mars 1945 puis l’hôtel du Doyen, premier Musée de la Tapisserie, situé près de la cathédrale de Bayeux, transféré depuis 1983 au Centre Guillaume le Conquérant installé rue de Nesmond, dans les locaux de l’ancien Grand Séminaire.



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