Le Mausolée d’Auguste Letenneur


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Auguste Letenneur

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Cotentin

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Roncey

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Auguste Letenneur
Le mausolée d’Auguste Letenneur au village de la Rousserie © JCG

A une dizaine de kilomètres au sud de Coutances, près de Roncey, au village de la Rousserie, dominant la campagne environnante, cet édifice unique, qui tient à la fois du château et du tombeau antique et qui de loin ressemble à s’y méprendre à une chapelle dépourvue de clocher, ne manque pas d’intriguer le visiteur de passage.

D’origine paysanne, issu d’un milieu modeste, Auguste Letenneur,fondateur des grands magasins Picaut-Letenneur, est né à Roncey au cours de l’année 1832. Son histoire commence vers 1855, quand il quitte son village natal pour s’installer à Caen. Après s’être essayé à divers métiers, il devient finalement marchand ambulant. Vers 1870, Auguste Letenneur, de retour au pays, élit domicile à Saint-lô où, l’avènement du chemin de fer aidant, ses affaires deviennent rapidement florissantes.

Profondément croyant, devenu riche, Auguste Letenneur se lance en 1900 dans la construction d’un caveau familial, d’une demeure éternelle surmontée d’ appartements destinés à accueillir celles et ceux qui souhaiteraient venir s’y recueillir. Cet ensemble architectural en granit, au caractère insolite d’où son surnom de "Mausolée", surmonté d’une impressionnante tour-terrasse d’une trentaine de mètres de haut, qui aura demandé six ans de travaux à son auteur, est composé, au rez-de-chaussée, d’une vaste crypte au milieu de laquelle se dressent deux colonnes, ornées de deux pleureuses sculptées, positionnées de part et d’autre du tombeau en marbre d’Auguste Letenneur et de son épouse, Henriette Basourdy , auprès desquels reposent deux de leurs enfants. Un escalier extérieur dessert le premier étage où l’on trouve une salle à manger, aujourd’hui transformée en musée, deux chambres à coucher d’une dizaine de mètres carrés, pourvues chacune d’une cheminée et éclairées par de grandes baies vitrées. De là, un second escalier en bois, qui court le long des quatre murs intérieurs de la tour, aboutit à une immense terrasse d’où le visiteur peut embrasser du regard le bocage environnant et le village de la Rousserie où Auguste Letenneur a vu le jour.

Empreints d’ésotérisme, symbole d’élévation d’âme, la tour et le caveau répondent, dans l’esprit de leur créateur, à des préoccupations d’ordre spirituel et philosophique, à une réflexion sur la vie et son sens. Comme en témoignent ses achats de livres et la constitution d’une bibliothèque au domaine de la Rousserie, Auguste Letenneur est un autodidacte en quête perpétuel de savoir mais aussi un auteur qui, à ses heures perdues, se prend à écrire le récit de sa propre vie et quelques poèmes dont certains sont parvenus jusqu’à nous.

Toute aussi insolite, la construction dans le parc attenant d’une fontaine réalisée de ses propres mains, entre 1885 et 1887, au moment où sa fille aînée de 17 ans, Berthe, avait été demandée en mariage par un homme qui avait peu d’argent à offrir, procède également des interrogations métaphysiques d’Auguste Letenneur. A l’emplacement d’une source naturelle, cette fontaine en forme de coquillage, et à laquelle il a donné le nom de "fontaine du Pucelage" ou "fontaine de Vénus", symbolise le sexe féminin, source de vie, tandis que de part et d’autre, un vase ouvragé et un simple pot de terre expriment l’inégalité des hommes à la naissance.

En 1916, Auguste Letenneur se tue aux commandes d’une des premières machines agricoles des temps modernes qu’il vient juste d’acquérir. Selon ses dernières volontés, il est inhumé dans le caveau qu’il avait lui-même fait construire quelques années auparavant, avec cette phrase pour simple épitaphe :

Auguste Letenneur
1832 -1916
fut un travailleur persévérant et sans reproche.

A LA ROUSSERIE
Poème d’Auguste Letenneur :

Mon cher petit domaine, charmante Rousserie
De longtemps je t’aime, comme tu es jolie
Après beaucoup d’absences et de longs voyages
Chacun de mes retours, je t’aimais d’avantage.
De cultiver ton sol m’est un bien doux plaisir
Je voudrais t’embellir, y vivre et mourir
Pour moi aucun pays ne m’a paru plus beau
J’ai testé à charge d’y mettre mon tombeau.

Ainsi est ma volonté en février 1899.
Prière d’en corriger les fautes de français et d’orthographe.



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