Normandie Héritage

Coutances.
Les Fleurs de mon Pays - Henri Delesques, 1912


Auteur : Eléonor Daubrée

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Eléonor Daubrée

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Encadré de vallons, perdu dans la verdure,
Coutances m’apparaît au tournant du chemin ;
Je vois sous un ciel clair resplendir sa parure
Comme un charmant bijou dans un superbe écrin.

En ordre, par gradins, parmi l’épais feuillage,
Ses toits d’ardoise bleue et ses blanches maisons
Dessinent gentiment leur gracieuse image
Au bas du rideau vert qui frange l’horizon.

Puis lançant dans l’azur ses deux flèches de pierre,
Dans un puissant appel, imposant, religieux,
Un siècle qui n’est plus semble dans la prière
Vouloir joindre à jamais la terre avec les cieux.

Près de la suzeraine, auguste cathédrale,
Se courbant sous un poids écrasant de grandeur,
Saint-Nicolas, Saint-Pierre à genoux, deux vassales,
D’un œil toujours ému contemplent sa splendeur.

La douce ville est là, rêveuse parmi l’ombre,
Là parmi le printemps, le calme, la fraîcheur,
Et sous la voûte claire aucun nuage sombre
Ne vient noircir ses murs tout couronnés de fleurs.