Saint-Lô


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Cotentin

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Saint-Lô

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Saint Lô
Vue de Saint-Lô par Jean-Baptiste Camille Corrot - Huile sur toile - Musée du Louvre

Cité historique de Normandie située au cœur du Cotentin sur un éperon rocheux qui domine la Vire, Saint-Lô doit son nom à Saint Laud, évêque de Coutances au VIème siècle. Ancienne Briovère , la ville, peuplée jadis par une tribu Unelles, sera conquise par les romains en 56 avant notre ère avant de subir successivement les invasions saxonnes, franques puis ... normandes. Au cours des siècles, Saint-Lô connaîtra un essor commercial sans précédent avant de devenir, sous la révolution française, chef-lieu du département de la Manche. Ville martyre, au cœur des combats de la libération, la ville de Saint-Lô tout en conjuguant mémoire, présent et avenir a su préserver et mettre en valeur un patrimoine architectural, historique et artistique d’une richesse et d’une diversité peu commune, comme en témoigne la description qu’en a faite Henry Gally Knight, il y a bientôt deux siècles.

La ville et la cathédrale de St.-Lo, lorsqu’on s’y dirige par le sud, se recommandent à l’admiration du voyageur par leur majestueuse perspective. La ville est en grande partie située sur une éminence que borne de trois côtés un ravin à travers lequel la rivière Vire se fraie un passage. La cathédrale occupe le sommet de la hauteur ; c’est l’église de Durham en miniature. Cette position si importante est souvent tombée en partage aux cathédrales, et la raison en est facile à comprendre. Elles étaient, pour la plupart, dans l’origine des chapelles de châteaux ; et comme ceux-ci, pour des motifs de sûreté, étaient construits sur des hauteurs, les chapelles avaient nécessairement la même position. A St.-Lo, la forteresse féodale s’est écroulée dans des temps orageux, et sa chapelle, qui avait partagé son sort, renaissant bientôt sous une forme plus ambitieuse, posséda seule une place dont elle n’occupait autrefois qu’une modeste partie.

St.-Lo est une ville dont la célébrité remonte aux premiers jours du moyen âge. L’escarpement naturel des lieux où s’élève la cité actuelle, engagea d’abord Charlemagne à y bâtir une forteresse pour la défense de la province. Il fonda en même temps, hors les murailles du château fort, l’église et le couvent Ste.-Croix. Le château, la maison religieuse et les habitations privées qui vinrent se grouper à l’entour, formèrent bientôt une ville qui fut placée sous l’invocation de la Sainte à laquelle avait été dédiée l’abbaye. Mais, dans la suite des temps, comme saint Lo était en grande vénération parmi les habitants de la province, la ville abandonna son premier nom pour prendre celui qu’elle porte aujourd’hui.
Saint Lo ou Laud, qui vivait dans le VIe. siècle, était natif de cette partie de la Normandie. La séduction des richesses ne put convaincre son penchant pour l’état ecclésiastique : il prit les ordres, devint évêque de Coutances, et légua toute sa fortune à l’église. Son souvenir fut, parmi ses compatriotes, une tradition de famille qui se perpétua de siècle en siècle ; et son nom était environné d’un tel respect, qu’il finit enfin par l’emporter sur celui de Sainte-Croix .

En 890, les normands s’emparèrent de la ville et de la forteresse, et en fient un monceau de ruines. Certaines cités furent plus longtemps que d’autres à se guérir des maux que leur avaient fait souffrir ces fâcheuses invasions. Ste.-Croix fut du nombre. Un siècle s’écoula avant qu’on n’eût fait aucun effort pour relever ses murailles. Toutes les villes de cette province de Neustrie avaient été si horriblement maltraitées qu’après la conquête normande les évêques de Coutances résidèrent, tantôt à Rouen ; tantôt à Bayeux, jusqu’à ce que l’évêque Robert, pour se mettre plus à portée de s’acquitter de la mission qui lui avait été confiée, établit en 1025 sa résidence à Ste.-Croix. Il entreprit la restauration de la ville et la reconstruction des murailles ; il commença aussi l’érection d’une cathédrale, à la même place qu’occupait anciennement la chapelle de la forteresse. Ce monument fut dans la suite remplacé par une construction nouvelle, que l’on revêtit des caractères du style en pointe, et dont la consécration eut lieu en 1202 : c’est la cathédrale actuelle, qui a subi, dans le cours des siècles, un grand nombre de changements. Ses dimensions spacieuses, ses deux belles tours terminées en pyramides, méritent de fixer l’attention. La nef et l’une des tours révèlent un style d’architecture pareil à celui qui était pratiqué sous le roi Edouard Ier. L’autre tour fut ajoutée ou achevée en 1464 ; et c’est aussi à cette époque que fut terminé le grand portail, tel qu’il existe aujourd’hui. Bien qu’il y ait des rapports frappants de ressemblance entre l’architecture des églises françaises et celle des églises anglaises contemporaines, on rencontre cependant dans les détails une énorme différence ; en France, il y a dans les moulures moins de hardiesse et de projection ; et dans les ornements, une tendance plus suivie à se rapprocher des dessins romains.

En se plaçant sur le penchant de l’éminence où s’élève la cathédrale, la vue plane sur le vallon et la rivière, et s’y arrête avec satisfaction.
Après avoir visité la cathédrale, nous nous rendîmes à l’église de Ste.-Croix ; nous eûmes une distance assez considérable à franchir, car elle est située à l’extrémité opposée de la ville. Le couvent a cédé devant le torrent des siècles, mais l’église a victorieusement résisté. Les Antiquaires français seraient tentés de la regarder comme l’œuvre de Charlemagne.
Il existe aujourd’hui en France un désir inquiet qui met en mouvement les archéologues, désir qui ne tend à rien moins qu’à constater dans cette contrée l’existence de quelque monument carlovingien ; et il serait, il faut en convenir, assez surprenant que dans un pays où ce grand restaurateur d’églises a laissé tant de traces de son beau zèle, il ne restât rien aujourd’hui que l’on pût rapporter à son siècle. Toutefois, ce n’est encore l’église Ste.-Croix qui doit venir combler les vœux des Antiquaires ; elle est empreinte évidemment d’un caractère de grande antiquité, mais son architecture correspond si bien à l’architecture du XIe. Siècle, et si peu à celle du petit nombre de monuments du VIIIe. que nous offrent d’autres pays, que l’édifice lui-même nous interdit de supposer qu’il ait pu échapper au vandalisme normand. Quand il est de notoriété évidente que l’église de Charlemagne était située hors des murs de la ville ; quand des documents authentiques viennent nous démontrer que la rage des Normands, voués alors au culte des faux dieux, se tourna principalement contre les temples chrétiens ; quand enfin il est impossible d’élever aucun doute sur la destruction de la forteresse et de la ville entière, pourrions-nous croire qu’une église, sans moyen de tromper les yeux des dévastateurs, se fût seule sauvée ? Et ne devons-nous pas plutôt penser qu’elle est sortie de ses cendres, en même temps que la ville et la cathédrale, dans la première moitié du XIe. Siècle ?
L’église présente quelques traits particuliers. Ses dimensions n’ont rien de vastes. Les arcades circulaires qui bordent la nef ne reposent pas sur des piliers, mais sur des colonnes surmontées de chapiteaux à feuillage, imitation grossière des chapiteaux romains. Il n’y a pas d’identité parfaite entre les deux côtés de la nef. Celui du sud est beaucoup plus uni que l’autre ; sa corniche consiste dans une série de simples pierres, au lieu que celle du côté nord se compose d’une décoration normande soigneusement travaillée. De pareilles différences sont communes ; et la seule chose qu’elles prouvent, c’est que l’édifice n’a pas été construit d’un seul jet.
La porte occidentale est grossièrement ornée d’un groupe de figures grotesques en haut relief, qui représentent la soumission de l’Esprit du mal.
On aperçoit sous le toit une corniche composée d’une série de têtes monstrueuses.

Dans une autre partie de la ville se trouve un édifice dont on a fait une halle au blé, et qui, avant la révolution, était une église sous l’invocation de Saint Thomas de Cantorbéry.
La première église fut achevée en 1174. On y travaillait lorsque Thomas Becket, après avoir soulevé contre lui la colère d’Henri, passa sur le Continent et traversa St.-Lo. On était en ce moment divisé sur le point de savoir à quel saint on dédierait la nouvelle église. L’illustre fugitif fut consulté, et voici quelle fut sa réponse : « Que l’église soit vouée au premier saint qui versera son sang pour la foi catholique. » La Providence lui réservait à lui-même cette honorable dédicace. Il fut assassiné en 1171, et canonisé deux ans après. L’église fut démolie en 1571, et rebâtie, telle qu’elle est aujourd’hui, en 1630. - Bulletin Monumental - Volume 4 - Société française d’archéologie. - 1838.

Patrimoine & Musées de la Ville de Saint-Lô

Ascenceur urbain.
Beffroi.
Chapelle Madeleine.
Château de la Vaucelle.
Eglise Notre-Dame.
Eglise Sainte-Croix.
Haras National.
Jardin public.
Manoir de Bosdel.
Musée des Beaux Arts.
Musée du Bocage Normand.
Porte au lait.
Remparts.
Statue de la Laitière Normande.
Tour Beaux-Regards.
Tour de la poudrière.

Personnalités Saint-Loises

Florian et Reynald Angot.
Alexandre Blanchet.
Jacques Datin.
Daniel de Losques.
Jacques Du Perron.
Hugues Duboscq.
Octave Feuillet.
Valérie Feuillet.
Mathieu Johann.
Urbain Le Verrier .
Benoît Lesoimier.
Eric Levallois.
Alexis Loret.
Stéphane Puisney.
Claude Rolley.
Daniel Saint.
Jean Teulé.
Jacky Vimond.
Saint-Lô
La laitière normande © JCG
Saint-Lô
Saint-Lô sous la neige © Pascal Villeroy
Saint-Lô
Saint-Lô sous la neige © Pascal Villeroy
Saint-Lô
Saint-Lô sous la neige © Pascal Villeroy
Saint-Lô
Saint-Lô sous la neige © Pascal Villeroy
Saint-Lô
La Vire à Candol © Pascal Villeroy




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