L’Abbaye de Jumièges


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Jumièges

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abbaye de Jumièges
L’abbaye de Jumièges © brimeux - fotolia.com

La Normandie, et en particulier le département de Seine-Inférieure, comptent un grand nombre de couvents. Ils durent, pour la plupart, leur existence aux pieuses intentions des ducs de Normandie, avant et après l’époque où l’un d’eux enleva à la pointe de l’épée la couronne d’Angleterre.
C’est surtout dans le courant du XIe. siècle qu’on les vit s’élever de toutes parts, alors que la province renaissant au bonheur, ne gardait plus de ses malheurs passés qu’un faible souvenir.

L’abbaye de Jumièges est située sur un terrain légèrement exhaussé entre les collines et la Seine. Les bâtiments du couvent ont disparu, à l’exception de la maison du portier dont on a fait une maison d’habitation. Une partie considérable de l’église fut détruite à la révolution ; mais les parties qui restent sont heureusement les plus anciennes et en même temps les plus remarquables. Les reconstructions en pointe sont en ruine, mais les tours Normandes subsistent encore.
L’église de l’Abbaye de Jumièges est un bel exemple de la grande simplicité des anciens Normands, ses fondateurs. Les ornements y sont extrêmement rares. Si on s’arrête avec admiration devant cette église, c’est à cause de l’effet grandiose produit par ses vastes dimensions. C’est dans les magnifiques arcades placées sous la tour centrale, dans cette nef si longue, si large et si haute, dans cette façade occidentale si élevée, et dans quelques autres traits portant le cachet de la grandeur et de la hardiesse, qu’il faut chercher le secret du spectacle imposant que cet édifice présente.

Les arcades de la nef reposent sur des piliers auxquels sont attachés des demi-colonnes. Tous les chapiteaux sont unis. Quelques-uns d’entre eux ont conservé des peintures Normandes qui imitent grossièrement les feuilles.
On voit à la partie supérieure des ailes, de l’un et de l’autre côté de la nef, de larges galeries. Le toit a entièrement disparu.
L’édifice est, dans son entier, construit en blocs de craie auxquels sont venus se mêler des cailloux empruntés aux montagnes voisines. Les pierres laissent entre elles des vides assez larges.
Outre la tour centrale, qui est en grande partie ruinée, il existe aux angles de la façade occidentale des tours que le temps a épargnées. Elles revêtent toutes deux la forme octogonale ; mais on remarque entre elles quelques légères différences.
Le portail ouest est complètement uni ; il a dans son caractère quelque chose de romain. Son arcade circulaire, dépourvue de toute moulure, repose sur deux colonnes.
A l’église de l’Abbaye de Jumièges vient s’en joindre une autre plus petite ; son architecture, qui est assez bonne, révèle l’époque où le Style en pointe était en progrès.
La première église fondée à Jumièges (Gemeticum) fut bâtie par St.-Philbert en 655, sous le règne de Clovis II, roi de France. On en attribue la destruction aux Normands.
Par les soins du fils de Rollon, le duc William Ier, l’église de Jumièges se releva de ses ruines en 940 ; mais ses travaux consistèrent plutôt à réparer l’ancienne église qu’à en bâtir une nouvelle ; car nous voyons, un siècle plus tard, l’abbé Robert II jeter, à la même place, les fondements d’une autre église. La consécration de cette dernière eut lieu en 1067 ; et les restes Normands que l’on trouve dans l’église actuelle, constituent une partie de l’édifice qui l’a précédée.

Ce n’est que longtemps après que l’on reconstruisit l’extrémité et le chœur dans le Style en pointe. On attribue ces travaux à l’abbé Robert, qui fut élevé depuis au siège archiépiscopal de Rouen, et dont on trouve le tombeau dans l’église de l’abbaye de Mortemer, où il fut inhumé en 1230. Un ancien manuscrit nous le représente comme ayant entièrement rebâti Jumièges ; mais les restes Normands qui frappent les yeux dans le monument, suffisent pour prouver l’inexactitude de cette assertion. Une foule d’opinions de cette nature semées négligemment par les moines dans leurs chroniques , on arrêté à chaque pas l’historien, et n’ont pas laissé que de produire une grande confusion.

L’An 1252, époque à laquelle fut probablement terminée la restauration de l’extrémité Est, l’église de l’abbaye de Jumièges fut de nouveau consacrée.
En ce qui touche la petite église, la seule découverte que j’ai pu faire, c’est que les restes d’un abbé furent inhumés dans son chancel, en 1336 ; et que dix années plus tard (en 1340), l’abbé William VII fit subir à l’édifice de nombreuses et importantes modifications.
Charles VII avait une telle prédilection pour Jumièges, qu’il fit ajouter au couvent un appartement à son usage : hâtons-nous de dire que ce n’était pas apparemment la religieuse beauté du monastère qui l’attirait en ces lieux : Agnès Sorel, sa trop belle maîtresse, demeurait dans le voisinage.
Le cœur de cette charmante créature fut déposé dans cette abbaye et son corps enterré à Loches.

Non loin de l’abbaye se trouve l’église paroissiale de Jumièges. C’est aussi un édifice Normand vaste et grandiose. On croit qu’elle fut fondée par les moines de Jumièges, vers 1106, alors que Wason était abbé. On y voit, de chaque côté de la nef, des piliers carrés sans colonnes.
Elle est plus avantageusement située que l’abbaye ; son front domine une partie du fleuve.


Voyage Archéologique fait en Normandie en 1831par M. Gally Knight
Membre du Parlement Britannique
Publié à Londres en 1836



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