Normandie Héritage

Marité. Le dernier terre-neuvier


Auteur : Normandie Héritage

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Fécamp

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Granville

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Marité

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Le Marité sous voiles © Manche Tourisme Fécamp, 24 juin 1923 : le baptême du Marité - Collection Musée de Fécamp Le Marité en cours de restauration dans la forme Napoléon de Cherbourg © JCG Restauration du pont et des bordés du Marité  © JCG Le pont du Marité en cours de restauration à Cherbourg © JCG Partie arrière et étambot  du Marité avant mise en peinture© JCG Support du gouvernail (étambot) du Marité  © JCG Anciennes pièces de bois du Marité © Jean-Claude Girard 14 juin 2008 : Le Marité à quai dans le port de Commerce de Cherbourg © JCG 14 juin 2008 : Le Marité à quai dans le port de Commerce de Cherbourg © JCG Le Village Marité à Saint-Vaast-la-Hougue © Jean-Claude Girard Le Marité au Quai Vauban de Saint-Vaast-la-Hougue © Jean-Claude Girard Le Marité au Quai Vauban de Saint-Vaast-la-Hougue © Jean-Claude Girard Le Marité au Quai Vauban de Saint-Vaast-la-Hougue © Jean-Claude Girard Gréement et de voilure du Marité © JCG Bout-dehors du Marité en pin d’Oregon © JCG La barre du Marité © JCG

Dernier témoin de l’épopée de la Grande Pêche au large de Terre-Neuve, du savoir-faire des maîtres charpentiers de marine normands, le dundee harenguier H2 construit à Fécamp en 1921, au lendemain de la Première Guerre mondiale, dans le cadre de la loi de 1920 pour le développement de la flotte de pêche française, est acheté sur cale en 1922 par l’armement Charles Le Borgne. Goélette à trois mâts (à hunier) , transformée en Terre-neuvier par les chantiers Georges Argentin de Fécamp, « Marité » est baptisé le 24 juin 1923 dans le bassin Bérigny de Fécamp.

Après un voyage d’essai au Pays de Galle suivi de six campagnes de pêche au large de Terre-Neuve entre 1924 et 1929, le navire, cédé à un armateur danois du nom d’Arnold Peter Möller, arrive à Esbjerg en janvier 1930. Après avoir subi d’importantes modifications de voilure et divers travaux d’aménagements, « Marité » participe à la Grande Pêche entre l’Islande et le Groënland jusqu’en 1935 où il est affecté au transport de marchandises entre le Danemark et les îles Féroé.

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, de 1946 et 1953, « Marité » renoue avec la pêche à la morue. En 1954, c’est dépourvu de mâture et transformé en bateau à moteur qu’il s’adonne à la pêche du hareng, avant d’être utilisé comme caboteur jusqu’en 1969, date à laquelle il est finalement désarmé, après quarante-six années de bons et loyaux services. Echoué dans un fjord des îles Féroé, réduit à l’état d’épave, « Marité » échappe de justesse à la destruction. Acheté, en 1978, par une équipe de passionnés de vieux gréements, restauré de fond en comble, converti en bateau de plaisance avant d’être rebaptisé « Bla Marité af Pripps » , il reprend la mer et s’illustre en remportant la Course des Grands Voiliers en 1992, sous pavillon suédois.

Les 3 et 13 juillet 1999, « Marité » fait escale dans les ports de Fécamp et du Havre où il suscite le plus vif intérêt. Acquis pour la somme de 1,6 million d’euros par un Groupement d’Intérêts Public, constitué notamment de collectivités locales normandes, « Marité » rejoint Rouen, son nouveau port d’attache, en juin 2004. Devenu, le temps d’une saison, plateau de tournage pour l’émission « Thalassa, le magazine de la mer », le dernier des Terre-Neuviers français en état de naviguer, nécessitant d’importants travaux de rénovation, prend la direction de Cherbourg qu’il rejoint à la fin de l’année 2005.

Le 4 janvier 2006, « Marité », débarrassé de ses roofs et de sa mâture, entre dans sa forme de radoub. Le navire est dans un piteux état. Dépose et repose du gréement, remise en état du support moteur, de la coque et du pont, remplacement des membrures et des allonges de voûte, calfatage … la note flambe . Les Premières fractures apparaissent au sein du GIP. A l’été 2008, la rupture est consommée. Les villes de Rouen, de Fécamp et le département de l’Eure se retirent du projet. Frank Martin, maire de Louviers, prend la direction du G.I.P Marité avec la ferme intention de mener à bien les travaux de restauration du navire.

Le mardi 28 avril 2009, c’est chose faite. « Marité », coque flambant neuve, tracté par une pilotine, sort de la forme Napoléon. Dix jours plus tard, dans la journée du 8 mai 2009, la goélette, tout de blanc vêtue, remorquée par deux chalutiers, arborant fièrement les ’p’tits cats’, rejoint le large et met le cap sur le Chantier Naval Bernard de Saint-Vaast-la-Houge.

Amarré quai Vauban, à proximité du Village retraçant son épopée, le Marité reçoit son premier mât le 12 juillet 2010. Après la pose des deux autres mâts réalisée respectivement en août et en septembre 2010, c’est remotorisé, réaménagé de fond en comble que « Marité » a fait son retour à la mer en rejoignant Granville, son nouveau port d’attache, dans l’après-midi du samedi 21 mai 2011, après une escale à Cherbourg et une nuit passée dans le Sound à proximité des îles Chausey.

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