L’écrevisse


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Les écrevisses autochtones ont, depuis des lustres, colonisé nos rivières et nos plans d’eau. Ces espèces au mode de vie nocturne ont pour nom Austropotamobius pallipes pour l’écrevisse à pattes blanches et Astacus astacus pour l’écrevisse à pattes rouges connue aussi sous l’appellation « pieds rouges ». Ces crustacés de la famille des Astacidés sont, malheureusement, aujourd’hui menacés de disparition quand ils ne font pas purement et simplement partie des souvenirs d’un temps révolu.

L’écrevisse à pattes rouges

se distingue principalement par sa carapace brune ou bleutée, par sa taille qui n’excède guère les 9 à 15 centimètres ainsi que par la face interne et la commissure de ses pinces de couleur rouge à laquelle elle doit son nom. Implantée depuis fort longtemps dans le Nord-Est de la France, son habitat est constitué par des plans d’eau peu profonds et des rivières de taille moyenne aux eaux fraîches et bien oxygénées. Exigeante, l’écrevisse à pattes rouges ne supporte pas la moindre pollution.

L’écrevisse à pattes blanches

de couleur brun/vert ponctuée de nuances de gris est originaire de l’Europe du Nord. Elle se distingue aisément de l’écrevisse à pattes rouges par sa taille, légèrement plus petite mais aussi par son rostre triangulaire et à sa face inférieure blanche. Comme l’écrevisse à pattes rouges, elle affectionne les eaux fraîches de bonne qualité, rapides aux fonds parsemés de graviers et de pierres. Présente à peu près partout en France, l’écrevisse à pattes blanches a beaucoup souffert des pollutions et des recalibrages de rivières. Cette espèce, à ne pas confondre avec l’écrevisse des torrents, est encore visible dans certains ruisseaux, torrents et petites rivières de montagne.

L’écrevisse vit dans des zones comparables à celles de la truite. C’est un animal invertébré doté de deux paires d’antennes, de deux pattes pourvues de fortes pinces, d’une palette natatoire plate et de huit paires de pattes attachées au thorax dont cinq lui servent à se déplacer sur le fond ou à nager ... à reculons. Comme les poissons, elle respire à l’aide de branchies. Notons, enfin, qu’elle possède l’étrange faculté de pouvoir regénérer certains membres blessés, partiellement ou totalement amputés.
Comme la plupart des crustacés décapodes, les écrevisses sont extrêmement sédentaires. Elles passent quasiment toute leur existence aux abords du site où elles ont vu le jour. Cet attachement leur est souvent fatal principalement en cas de pollution ou de destruction de la zone où elles évoluent. Animal à activité nocturne, l’écrevisse trouve le plus souvent abri durant la journée sous des pierres, sous des racines ou des souches immergées. Elle ne quitte ce refuge qu’à la nuit tombée pour partir à la recherche de nourriture ; son régime alimentaire étant le plus fréquemment constitué de débris de végétaux, de larves aquatiques, de mollusque ou de petits poissons morts. Dès que les premiers froids de l’hiver arrivent, l’écrevisse réduit son activité pour hiberner.

La période de reproduction se situe au cours de l’automne. La maturité sexuelle des femelles intervient entre la 4ème et la 7ème année de vie. A cette période, la femelle pond une centaine d’oeufs enfermés dans une poche abdominale. Ces oeufs, une fois fécondés, donneront naissance à des larves qui subiront de multiples mues avant d’atteindre le stade adulte. Pendant les mues - une par an pour les femelles et deux pour les mâles adultes - les écrevisses sont d’une extrême fragilité. La durée de reconstitution de la nouvelle carapace, qui représente la moitié de son poids, étant fonction de la teneur en calcium des eaux dans lesquelles l’écrevisse évolue, cette période constitue, pour elle, une période à haut risque face à ses prédateurs, à savoir ... l’homme, les poissons de belle taille et les hérons.

Mesures de protection

Le recalibrage des cours d’eau, l’extraction de granulats, les barrages, les pollutions agricoles, la prédation, l’introduction incontrôlée d’espèces étrangères, parfois porteuses de maladies, comme l’écrevisse américaine, de Louisiane ou Signal, ont causé un préjudice considérable à nos espèces locales aujourd’hui disparues ou au bord de l’extinction. La pêche des écrevisses autochtones et la taille de capture autorisée sont aujourd’hui sévèrement réglementées. En France, depuis 1983, des mesures de protection draconiennes ont été prises dans le but de protéger ces espèces indigènes et d’éradiquer, tant que faire se peut, les espèces non désirées. Pour compléter ce dispositif d’autres mesures interdisent l’importation, le transport et la commercialisation d’espèces exotiques à l’état vivant.



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