Dicentrarchus labrax


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bar commun
Bar commun / Dicentrachus labrax - Peinture à l’acrylique - Franck Ripault

Le bar - dicentrarchus labrax - est aussi appelé loup ou perche de mer. De la famille des serradinés, il est présent en Atlantique, le long des côtes européennes, en Méditerranée et sur les côtes africaines. Le bar est un poisson bien connu des pêcheurs de bord de mer normands qui fréquentent la région Granvillaise, les plages des environs de Sainte Marie du Mont ou les rochers de Querqueville. Pêché pendant très longtemps presque exclusivement par des pêcheurs amateurs , il est aujourd’hui très prisé et recherché au point que cette espèce est aujourd’hui menacée et fait l’objet, comme nous le verrons plus loin, de mesures de protection.

De forme allongée et comprimée, son corps élancé de teinte argentée est taillé pour une nage rapide et puissante. La couleur de ses flancs varie du gris sombre à l’olivâtre ; des taches noires pouvant parfois être observées chez des specimens jeunes. Le bar se distingue aussi par la présence de deux nageoires dorsales très rapprochées dont une épineuse souvent repliée sur le dos et de deux ventrales de couleur blanchâtre implantées en arrière des pectorales. Sa tête est couverte sur le dessus et le côté d’écailles dites cycloïdes , l’opercule est quant à lui composé d’excroissances épineuses situées sur les côtés inférieurs.

Habitué des eaux saumâtres, le bar fréquente aussi les eaux superficielles mais ne dédaigne pas de vivre sur les fonds. Habitué de nos côtes, il s’aventure jusque dans les dernières vagues qui viennent mourir sur la plage ou sur les rochers.
On le rencontre aussi caché sous les algues, dans les zones ostréicoles, dans les estuaires ; n’hésitant pas même parfois à remonter des portions de cours d’eau.

Dicentrarchus labrax est un carnassier, qui vit et chasse le plus souvent en bancs. Vorace, il se nourrit de sardines ou d’anchois dont il suit la migration. Il se régale aussi de petits mulets, de calmars, de crabes, de crevettes et de crustacés en tout genre.

Un bar peut vivre plus de vingt ans ; âge où il pourra atteindre une taille respectable avoisinant un mètre et un poids de dix à douze kilos. Le bar fraie, suivant les zones où il vit, de mars à juin. La fraie s’opère souvent en eaux plus ou moins saumâtres, près des embouchures des fleuves. Son taux de fécondité est très élevé : une ponte peut compter entre 500 000 et 2 000 000 d’oeufs. Ces œufs sont pélagiques. Après quatre à sept jours, ils donneront naissance à des larves très voraces à croissance rapide. A l’automne, jeunes et adultes quittent généralement les abords des côtes pour rejoindre les fonds.

Un déclin programmé ?

La température des eaux fréquentées par les bars (Atlantique, Manche et Mer du Nord) est en constante augmentation depuis plusieurs années, ce qui garantit un bon renouvellement théorique de l’espèce par de bons taux de survie des juvéniles. Parallèlement, la ponte n’est pas compromise dans la mesure où persistent des zones froides qui sont les seuls endroits où elle peut avoir lieu. Or on assiste à une raréfaction de la ressource alors même que les indicateurs théoriques de croissance sont positifs.

Cette contradiction apparente est due à la pression de la pêche industrielle utilisant des engins et méthodes extrêmement préjudiciables à l’environnement. Il est à noter également que face à la concurrence des bars d’élevage et à la pression qu’elle exerce sur les prix, les armements qui pratiquent la pêche du bar sont amenés à accroître le nombre de leur rotation pour maintenir leur niveau de rentabilité.

On se retrouve donc dans une situation paradoxale dans laquelle théoriquement le stock de bars devrait augmenter. La pêche industrielle exerce une pression insupportable sur l’espèce. La pêche industrielle n’a d’autres solutions que d’accroître cette pression pour se maintenir à flots. Elle bénéficie à l’échelle nationale et européenne d’aides et de soutiens aussi divers que massifs alors même qu’il serait moins coûteux et plus rentable d’investir dans le secteur pêche de loisir, beaucoup plus générateur de revenus et moins agressif avec la ressource. Or c’est maintenant ou jamais qu’il faut prendre les mesures nécessaires à la préservation de l’espèce.

On sait dores et déjà d’après les comptage de juvéniles que les classes d’âge qui arriveront à maturité sexuelles entre 2002 et 2005 sont très largement représentées. Encore pour cela faut-il qu’elles atteignent cet horizon et que, si par bonheur elles l’atteignent, elles ne fassent pas l’objet d’un ratissage systématique sur les frayères lors de leur première tentative de reproduction.

A qui la faute ?

Dans un rapport portant sur les prises réalisées par les chalutiers (janvier à mars 1999), le CEFAS (l’Ifremer britannique) confirmait la faible proportion de gros spécimens présents sur les frayères. A qui la faute ? A ces chalutiers pélagiques qui, bardés d’électronique, traque notre poisson au moment où il se reproduit ? A ces bolincheurs qui, profitant d’un oubli dans la réglementation européenne se permettent des « bons coups » à toucher la côte ? A ces plaisanciers qui sans vergogne quadrillent de leurs palangres des secteurs très ciblés. A ces pêcheurs du bord qui, à la saison estivale, prétextant ne pas connaître la législation, sont responsables de véritables hécatombes parmi les bancs de juvéniles ?

Se renvoyer la balle comme le font amateurs et professionnels est inutile. La protection de l’espèce est l’affaire de tous. L’exemple de l’interdiction de la pêche de la morue à Saint-Pierre-et-Miquelon est là pour nous rappeler que certaines mesures de protection sont prises trop tardivement !



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