Les Fées de la Vallée du Hubilan


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    Voici une légende que se racontaient autrefois, dans le Nord-Cotentin, les grands-mères de nos grands-mères, lors des veillées ou des corvées aux champs. On ne parle plus de fées aujourd’hui, mais autrefois, on ne le comptaient plus tant elles étaient nombreuses.

    A cette époque, on croyait que les fées vivaient dans les campagnes. Pourtant, on ne les voyait pas souvent, mais on les entendait chanter et bavarder. Ainsi, on pouvait les apercevoir de loin, lavant leur linge au clair de lune, dans le ruisseau de la vallée du Hubilan.

    On ne voyait pas leur travail non plus. Cependant, la nuit, il leur arrivait de frapper aux portes. On les entendait crier et demander qu’on leur prête du matériel pour les travaux des champs. On ne leur refusait rien parce qu’on les croyait maléfiques. Elles prenaient alors la charrue et les chevaux à l’écurie et s’en allaient labourer. Vue leur petite taille, elles montaient sur le cou du cheval, nouant le crin de leurs crinières en guise d’étriers. Le lendemain, on retrouvait les chevaux harassés, les crinières emmêlées, signe de leur passage, mais tout le matériel était parfaitement en ordre. Les fées, en ces temps reculés, avaient en effet la réputation d’être extrêmement soigneuses.

    On dit aussi qu’elles préparaient de la galette de fée. Ceux qui avaient eu le privilège d’y goûter disaient qu’ils n’en avaient jamais mangé d’aussi bonne. Un jour que des paysans glanaient du lin, ils entendirent une voix de femme qui criait :"Le four est chaud". Aussitôt, une des paysannes demanda : "Aurons-nous de la galette ? ". Pas de réponse. Le moment venu pour se restaurer, on trouva des provisions dans une belle serviette blanche dont une belle galette de pain blanc, un petit pot de beurre et un couteau. Nos paysans se partagèrent le présent, se régalèrent avant de tout remettre en place.

    On pensait également que les fées gardaient un oeil attentif sur les enfants au berceau. Il arrivait, parfois, quand la mère avait omis de signer son enfant, de voir les fées s’en emparer et le remplacer par un des leurs. On reconnaissait que l’enfant était un « fêtet », un petit de fée, parce qu’il mangeait beaucoup et ne grandissait guère. Nul ne s’en plaignait, pensant qu’éléver chez soi un fétet portait bonheur.

    Les fées n’étaient pas méchantes, mais il pouvait leur arriver de punir les gens peu obligeant, qui par exemple leur avaient refusé des choses raisonnables qu’elles avaient demandé.

    Au pied d’une falaise, il y avait un endroit appelé “la Fontaine aux Fées”. Un jour, un méchant garçon y jeta des ordures. Lorsque les fées découvrirent leur fontaine polluée, elles condamnèrent le responsable : « Qu’il devienne bègue et ne puisse articuler un mot » dit la première, « Qu’il marche la bouche ouverte et gobe les mouches de passage » déclara la seconde, « Qu’il ne puisse faire un pas sans tirer un coup de canon » lança la dernière.

    Ariva ce qui devait arriver. Les trois souhaits se réalisèrent, si bien que le méchant garçon ne tarda pas à retirer les ordures, arrangea joliment la fontaine puis demanda pardon aux fées. Celles-ci lui pardonnèrent, mais seulement ... quelque temps plus tard.


    Pascal Villeroy



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