Le Varou


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Qui n’a jamais entendu parler des loups-garous ? Le cinéma et la télévision ont souvent repris ce thème d’individus se transformant, la nuit venue, en créatures mi-homme, mi-animal. Peut-être serez-vous surpris d’apprendre que la Normandie est riche d’histoires mettant en scène ces créatures que l’on appelle ici "varous". Ces croyances,très répandues au Moyen Âge, se retrouvent aussi dans la mythologie scandinave qui mentionne l’existence d’esprits mauvais pouvant transformer les hommes en chien ou en loup. Comme nous le verrons, en parcourant les extraits qui suivent, les légendes normandes présentent les varous sous des aspects parfois bien différents.

Les Monitoires

Autrefois, avant la révolution française, lorsqu’un crime était commis et que l’auteur demeurait introuvable, on avait recours à un moyen qui permettait quelquefois de le découvrir . Le prêtre de la paroisse prononçait un monitoire durant l’office du dimanche, pendant lequel le coupable - ou ceux qui connaissaient son identité - était menacé d’excommunication s’il ne se dénonçait pas.

La cérémonie était répétée trois semaines de suite. Si le coupable - et ses éventuels complices restés muets - ne s’était pas dévoilé, il était condamné à subir une terrible expiation. Pendant sept ans, à la nuit tombante et à dates fixes, il devait revêtir une peau de bête - souvent de loup mais aussi de chèvre ou de mouton qu’on appelait la "hure" ou la "haire" - et se transformert en animal. Il était alors comme poussé par une force surnaturelle et partait dans une course folle à travers les champs, les mares, les ronces et les broussailles. A chaque carrefour, un fouet invisible s’abattait sur lui. On dit que c’est Satan lui-même qui, chevauchant le pénitent, lui infligeait cette sentence. Le matin venu, le malheureux reprenait forme humaine mais brisé, éreinté, ensanglanté et tout crotté, il conservait ainsi les traces de sa nuit maudite. Il pouvait alors être reconnu, et devenait "l’homme qui porte le varou".

En 1770, un monitoire fut prononcé à propos de l’assassinat d’un certain M. de Rikmé ainsi que d’un meunier, qui fut perpétré dans le vallon du Val-Ferrand sur la commune de Gréville dans la Manche. On dit qu’un valet, nommé Gliauminot, qui habitait ce vallon, fut témoin de la scène et connaissait le criminel. Refusant de dénoncer le coupable, il eut alors à subir sa pénitence. C’est un autre valet, qui constant un jour son état, fit éclater la vérité.

Il y avait un moyen de délivrer un homme qui portait le varou. Pour ce faire, il fallait lui sauter dessus et lui faire couler le sang entre les yeux. Il était alors délivré et retrouvait son état normal. Mais si on ratait son coup, la peine était reconduite pour sept nouvelles années.

Les Damnés

On dit quelquefois que les varous seraient la métamorphose du corps de damnés parvenus à s’échapper des entraves de leurs tombeaux. Lorsque l’un d’entre eux, appelé à devenir loup-garou, commence à ressentir l’appel de sa destinée maudite, il dévore le suaire qui lui couvre le visage avant de faire entendre de pénibles et terrifiantes lamentations. Il soulève la terre qui recouvre son cercueil et surgit hors de sa tombe, accompagné des flammes de l’enfer.

Jadis, les curés prenaient grand soin de surveiller les cimetières pendant la nuit. S’ils entendaient quelques lamentations, s’ils constataient l’émanations de flammes ou si la terre était aussi haute sur une tombe qu’au jour de l’inhumation, il ne pouvait s’agir à coup sûr que d’un malheureux appelé à devenir loup-garou. Face à ce cas désespéré, aidé de son sacristain et armé d’une bêche neuve, le curé déterrait le cadavre tourmenté et lui tranchait la tête avant d’aller la jeter dans la rivière où elle allait connaître à jamais les tourments de l’enfer au fin fond d’un précipice.

Les Pactes avec le Diable

Certains individus seraient devenus loups-garous après avoir passé un pacte avec le diable. Ils obtenaient alors le privilège de se transformer en animal de leurs choix ; le plus souvent un chien, un chat ou un cheval. Seulement, lorsqu’on est loup-garou, on ne peut se soustraire à un besoin impérieux de cet état qui est constitué ... de promenades nocturnes. Le moment venu, il brave tout, pour satisfaire à cet appel mystérieux.

Un paysan du canton de Cormeilles était soupçonné par ses gens de courir le varou. On décida de s’assurer du fait. Un soir, on retarda le coucher et on fit en sorte d’empêcher le fermier de s’approcher de la porte. Mais l’heure était arrivée. N’y tenant plus, le malheureux saisi un balai qu’il enfourcha et disparut par la cheminée.

Dans le Bessin, on croit que les sorciers ont le pouvoir de transformer les hommes sur lesquels ils jettent leur dévolu, généralement en chien ou en loup. L’un d’entre eux, appelé Rongeur d’os, hanterait, la nuit, les rues de Bayeux.

Un loup-garou démasqué court d’énormes dangers. Tout échec dans une tentative tendant à le délivrer ou le simple fait de l’appeler par son nom d’homme reconduira sa pénitence pour sept nouvelles années. S’il est possible de tuer un loup-garou, on veillera cependant à n’utiliser que des balles bénites et à taire la chose. Sitôt mort, le loup-garou reprendra forme humaine, gardant néanmoins quelques séquelles de cette mésaventure telle sa grande taille dûe ... à l’allongement d’une de ses jambes.



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