La Vache Normande


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Arcisse de Caumont

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Vache Normande

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vache normande
Un animal robuste, calme et docile qui porte des "lunettes" © Claude Coquilleau - fotolia.com

Si la vache de race normande, à la base d’une industrie laitière et fromagère florissante, constitue un atout économique incontestable pour la Normandie, elle est aussi, ne l’oublions pas, l’oeuvre des éleveurs normands qui, au 19ème siècle, sous l’impulsion d’Arcisse de Caumont, ont largement contribué à l’amélioration de l’espèce.

La race Normande, des origines à aujourd’hui

Selon certaines hypothèses, encore à vérifier, la vache normande aurait été introduite en Normandie par les Vikings, il y a plus d’un millénaire ; cette assertion ne contredisant en rien le fait qu’elle résulte du croisement de taureaux Durham et de trois races locales anciennes, l’Augeronne, la Cauchoise et la Cotentine qui deux siècles auparavant avait donné naissance à la race Canadienne .

La vache de race Normande, mentionnée dès 1883 dans le premier livre généalogique bovin français, ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans l’œuvre des éleveurs normands regroupés autour d’Arcisse de Caumont, fondateur de l’Association Normande créée dans le but de favoriser le développement économique en Normandie. En 1826, Arcisse de Caumont lance ces deux mots d’ordre aux Normands : « connaissez-vous vous-mêmes » et « unissez-vous pour l’action ». Son objectif vise alors à produire du pain, de la viande et du beurre à un prix abordable pour tous ; d’où la définition de la double aptitude d’une race susceptible de produire en quantité à la fois du lait et une viande de qualité. La race Cotentine considérée, à cette époque, comme répondant le mieux à ces critères , donnera ainsi naissance à la race normande qui, à force d’améliorations, allait par la suite devenir la première race bovine française.

Animal rustique, robuste, intelligente, calme et docile, d’un poids oscillant entre 750 et 900 kg, particulièrement bien adaptée au climat tempéré de Normandie dont elle est originaire, la vache de race normande est aisément identifiable par sa grande taille, son aspect massif, sa tête et son ventre blanc, la couleur de sa robe blonde , bringée ou caille parsemée de taches et la présence caractéristique de taches sombres au niveau du mufle et autour des yeux appelées communément "lunettes".

Fortement concurrencée par la race Holstein, emblème d’un productivisme sans limites, en régression suite à la disparition des petits troupeaux résultant de la mise en place des quotas laitiers dans la seconde partie du 20ème siècle, la Normande réputée pour sa capacité à produire, à la fois, un lait aux qualités fromagères exceptionnelles, riche en matière grasse et en matière protéique, ainsi qu’une viande fondante, savoureuse, légèrement persillée, prisée par de nombreux consommateurs, connaît depuis quelques années un net regain d’intérêt, tant au niveau national que régional, auprès des transformateurs normands, en quête de qualité et d’authenticité, désireux de valoriser leurs productions au travers du label AOC Normandie, mais aussi à l’exportation, dans toute l’Europe, outre-Atlantique, vers l’Australie et le Japon, et, comme nous le verrons plus loin, de la part des généticiens au chevet d’une race Holstein victime de son propre succès.

La Race Normande au secours de la Holstein

La race Holstein, introduite en France et en Europe de l’Ouest au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, connue pour son incroyable rendement laitier, grandement amélioré par la génétique, ne tarde pas à se substituer aux races locales. A force de dirigisme génétique, à force de favoriser la production laitière au détriment d’autres fonctions, la Holstein, hyper fragilisée, accuse une chute brutale de fertilité doublée de tares génétiques, depuis le milieu des années 1990. Aux Etats-Unis, des semences et des embryons de vache normande sont utilisés pour tenter de relancer les troupeaux dans certains élevages où ce taux est tombé aux environs de 20%. Si en France, où la race Holstein représente 70% du cheptel, cette baisse est beaucoup moins sensible, elle n’en demeure pas moins préoccupante au point que certains éleveurs se demandent s’ils ne devraient pas se tourner vers une autre race comme la Normande ou la Montbéliarde.



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