Le naufrage de la Blanche Nef


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Barfleur

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Henri 1er Beauclerc

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Mathilde

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Henri Ier de Normandie
25 novembre 1120 - Naufrage de la Blanche Nef au large de Barfleur

Le 25 novembre 1120, le naufrage de la Blanche Nef et la disparition de Guillaume Adelin, fils et successeur désigné du roi Henri 1er Beauclerc, allaient plonger le royaume anglo-normand dans une immense tristesse et modifier le cours de l’histoire de l’Europe médiévale.

La dynastie Normande étant depuis fort longtemps installée sur le trône d’Angleterre, le roi Henri 1er Beauclerc pensait en toute quiétude pouvoir transmettre sa couronne à sa descendance. Bien qu’ayant eu de nombreux “bâtards”, il n’avait que deux enfants légitimes. Son espoir reposait sur la naissance de son fils unique, "Guillaume, Fils du Roi", appelé à régner sur le royaume d’Angleterre et le duché de Normandie.

Guillaume Adelin était un prince guerrier qui, dès l’âge de 17 ans, combattait déjà au côté de son père pour réaffirmer leurs droits sur le continent pour leur terre de Normandie. Après la campagne réussie de 1119 qui vit la défaite et l’humiliation du roi Louis VI de France à la bataille de Brémule, le roi Henri et son entourage se préparaient à rejoindre l’Angleterre. Henri se vit offrir un noble vaisseau, la Blanche Nef, prêt à mettre les voiles vers l’Angleterre, mais le roi avait déjà prévu tous les détails de son retour et suggéra à son fils, Guillaume, d’embarquer sur la Blanche Nef.

Prétendant au trône, le Prince Guillaume attirait, autour de lui, la fine fleur de la société. Au cours de cette traversée, Guillaume allait être accompagné par quelques 300 compagnons dont 140 chevaliers et 18 nobles, son demi-frère Richard, sa demi-soeur Mathilde la Comtesse du Perche, ses cousins Etienne et Mathilde de Blois, le neveu de l’Empereur Henry V d’Allemagne , le jeune Comte de Chester et la plupart des héritiers des grands propriétaires terriens d’Angleterre et de Normandie. L’ambiance était à la fête. Le Prince avait fait apporter à bord du bateau du vin par tonneaux entiers. Passagers et équipage, bien vite avinés, s’injuraient mutuellement allant jusqu’à chasser un groupe de clercs venus bénir le voyage. Certains passagers, dont Etienne de Blois, qui souffrait alors de diarrhée, sentant venir les complications, décidèrent de prendre un autre bateau.

Ce n’est qu’après la tombée de la nuit que la Blanche Nef mit le cap vers l’Angleterre. A la sortie du port de Barfleur, le navire du Roi et la Blanche Nef se suivaient encore. La mauvaise visibilité et l’équipage ayant abusé de la boisson, la Blanche Nef se trouva rapidement distancée. Le Prince qui souhaitait toucher terre le premier donna ordre à l’homme de barre de rattraper et de doubler le reste de la flotte. Aussi saoul que le reste de ses compagnons, ce dernier s’exécutait. Bien que la Blanche Nef fut un excellent vaisseau, les traversées, à cette époque, étaient loin d’être sûres. Avec, de surcroît, un équipage aviné à la manœuvre, il semble que le destin réservait une place particulière à la Blanche Nef. L’homme de barre dirigeant le bateau plein nord, alors qu’il aurait dû garder le cap à l’est, la Blanche Nef percuta en pleine nuit le récif de Quillebeuf. Aussitôt, le garde du corps de Guillaume se précipita sur le pont et fit embarquer le Prince dans un petit esquif ; mettant celui-ci en sécurité avant même que l’équipage ait pu réagir et tenter, en vain, de libérer la Blanche Nef de l’emprise des rochers.

Dans la nuit, Guillaume pouvait entendre sa demi-sœur l’appeler, le supplier de ne pas la laisser à la merci d’une mer sans pitié. Il ordonna à ses compagnons de faire demi-tour. La situation était désespérée. Alors que Guillaume s’approchait à nouveau, la Blanche Nef commençait à couler. Le frêle esquif surchargé et déséquilibré par les naufragés qui tentaient de trouver refuge à son bord se retourna soudainement entraînant ses passagers vers l’abîme. C’est ainsi que périrent Guillaume Adelin et ses compagnons d’infortune. Le seul survivant de ce drame fut un boucher de Rouen, dénommé Bérold, qui accroché au mât du navire émergeant au-dessus des flots, put être secouru et ramené à Barfleur. Dans les jours qui suivirent de nombreux corps richement vêtus furent rejetés à la côte.

La funeste nouvelle ne tarda pas à arriver en Angleterre. Nul n’eut le courage d’en aviser le roi. Ce n’est que trois jours plus tard qu’un enfant lui racontera, en pleurant, les derniers instants de la Blanche Nef. Désespéré, le roi tomba sur le sol tel un homme ivre, et jamais nul ne le vit plus sourire.



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